Courts métrages unitaires
Des oeuvres uniques et singulières, à découvrir et à faire partager.
Feuille morte
Un film de Benoît Labourdette (8’33, 2012).
Un petit coin de nature au milieu de la ville, c’est le microcosme des pulsions végétales de la vie. L’amour, le mélange des corps, les drames, les retrouvailles, toujours. Croisements d’histoires de sentiments et de corps.
Feuille morte
Les ailes
Un documentaire court de Benoît Labourdette (4’39, 2011).
Le hasard du monde m’amène à croiser une sculpture de Richard Texier dans le port de la Rochelle, au mois de juillet 2011. S’ensuit une correspondance, écrite puis filmée.
Réservé infirmière
Un film de Benoît Labourdette (3’22, 2011).
La trace, dans les lieux, des histoires et des drames qui s’y sont déroulés. Une place de parking réservée, une autre place de parking réservée, vides au moment où on les regarde, mais qui ont vu passer tellement de gens et d’histoire de vie... qui peuvent raconter tant, si on s’y attarde un instant.
Mon intention, avec ce film, est de chercher, par un regard très "stable", insistant, à percer le secret des murs, du fond du parking, de la vue sur la mer... de ce réel que l’on regarde collectivement.
J’ai donc choisi une focale fixe de 50mm, des plans tous tournés à la même hauteur de 1m30, des plans de la même durée (une vingtaine de secondes), qui s’enchaînent en fondus de 10 secondes. Tout est fixe, mais tout bouge en même temps (notamment avec le son du vent). Les plans sont fixes, mais la caméra tremble un peu, et puis les plans se fondent les uns dans les autres, donc, tout en étant chacun fixe, leur mélange produit d’autres images, en nombre infini ; leur combinaison fait sans doute apparaître ce qui se cache derrière les apparence, l’immense complexité. La vérité arrive.
Et la fin est dramatique. Comédie ? Tragédie ? Tragédie pour cette fois.
La réunion
Un film de Benoît Labourdette (5’23, 2011).
Dans les entreprises, il y a des réunions. Partout il y a des réunions. Ce sont des moments parfois très importants, qui peuvent changer la vie de certains, qui peuvent aussi être soporifiques et inutiles, ou terribles, où tout peut se solutionner, ou alors basculer dans le chaos. Ce sont des moments de socialité très codés, généralement un groupe de personnes autour d’une table, mais derrière cette apparence et ces lieux standards, il se passe mille choses absolument différentes.
Sous une forme théâtralisée, j’ai choisi d’interpréter, de façon muette (mais en conservant le son direct des pas sur le sol et des frottements de tissus), les différents personnages d’une réunion standard. Le film les montre les uns après les autres, mais ils ont sans doute été en réalité ensemble, en même temps, dans le même espace. On peut faire comme un montage dans sa tête, pour juxtaposer les personnages qu’on a vus les uns après les autres. Chacun peut projeter sur cette réunion la réunion qu’il souhaite. Ce film peut être tour à tour dramatique, comique, nostalgique, pessimiste ou optimiste. Comme n’importe quel film, il est un support pour l’imaginaire de celui qui le regarde. Mais ici de façon plus explicite que d’habitude.
Alors, si vous rêvez d’une future réunion, ou que vous souhaitez comprendre mieux ce qui s’est passé dans une réunion à laquelle vous avez participé, lancez le film, peut-être que le film ouvrira des brèches, de nouvelles perspectives dans le réel opaque.
Ce film est conçu pour être vu en grand, dans le noir, bref, dans une salle de cinéma, car il propose une temporalité dans laquelle on s’installe. Pour une lecture sur ordinateur, mettez le en plein écran et éteignez la lumière...
Votre attention s’il vous plaît
Un film de Benoît Labourdette, 3’07s, 2011.
Un quai de gare, une caméra Flip posée par terre, la voix-off du chef de gare, des voyageurs qui attendent, un train qui arrive... une situation du quotidien, au sein de laquelle je propose de "creuser des trous", dans l’image notamment, de chercher les espaces et le sens. C’est pourquoi l’image, qui semble naturelle, est entièrement reconstruite.
Ce qui m’a frappé, et décidé à faire ce film, c’est la voix-off que j’ai captée, les voyageurs qu’on appelle des "clients", alors qu’on pourrait les nommer "passagers", "voyageurs", ou autrement. Ces représentations financières, dans toutes les activités humaines, me frappent et me font mal, frappent et font mal, je crois. On déshumanise les gens.
Votre attention s’il vous plaît
Les fleurs de Pascal
Un film de Benoît Labourdette, 3’19s, 2011, numérique, Format 16/9, Couleur, Son stéréo.
Le conte
Inventer un conte. Ancrer l’histoire dans le réel. Pourquoi la forme du conte en 2011 ? Sans doute pour faire à nouveau de la métaphore, de l’universel. Une simple histoire d’amour.
Les fleurs de Pascal, un film de Benoît Labourdette (2011).
Vous êtes ici
Un film de Benoît Labourdette, 5’41s, 2011, numérique, Format 16/9, Noir et blanc, Son stéréo.
L’état du monde
Peut-on être touché par l’état du monde ? Dans les petits détails microscopiques du quotidien se cachent peut-être les plus profonds questionnements philosophiques.
Voir ou ne pas voir ?
Le cinéma est un art qui montre. Donc, c’est un art qui met son spectateur face aux questions liées à la vision.
Accéléré, tilt shift et noir et blanc
L’accéléré, le tilt shift et le noir et blanc sont trois procédés très visibles employés dans ce film.
L’accéléré (comme le ralenti) permet de proposer un autre temps que le temps réel, donc propose une magie au spectateur.
Le "tilt shift", ce procédé de reconstruction d’une faible profondeur de champ, qui rend le monde réel comparable à une maquette filmée, va aussi dans le sens d’une prise de distance par rapport au réel. Décaler le regard pour reconstruire le regard.
Le noir et blanc aussi propose une prise de de distance.
La musique
Au départ, mon intention était de travailler sur une musique de cordes, lente, pour produire un contrepoint aux images et travailler le sentiment de détresse. Mais les rythmes rapides et la guitare électrique furent finalement plus appropriés au sujet, dans ce qu’ils permettent des moments de respiration, et font sentir à quel point le monde va vite sans que l’on puisse l’arrêter. Donc, je pense que cela participe, peut-être mieux pour ce film là, que les cordes lentes, à construire le sentiment de tristesse.
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Paris fin août
Un film de Benoît Labourdette, 4 minutes, 2009, numérique, Scope 2.35, Couleur, Son stéréo.
La conscience sociale
La rencontre avec l’exclusion est le miroir de nos angoisses. On cherche toujours à oublier, à fuir ce qui nous fait peur, c’est une réaction naturelle de défense, quel que soit son niveau de "conscience sociale".
Le mouvement du tournage de ce film a contenu l’oubli du SDF qui avait été filmé au début du plan, pourtant de très près. Cet oubli qui s’est déroulé en quelques secondes, et qui fut mon vécu, a donné matière à un travail plus en profondeur sur les émotions et sur la forme : faire sentir la façon dont se passe notre oubli.
La petite et la grande histoire
Cet oubli, à l’échelle de quelques secondes, que devient-il à l’échelle de la Grande Histoire ? Ne nous faisons pas croire qu’on oublie moins... c’est pareil, à une autre échelle, c’est donc énorme.
La coexistence de deux temps
J’ai essayé de mettre en scène visuellement, par un dédoublement progressif de l’image tout au long du film, le désir de mémoire que chacun a tout de même en lui, malgré ses faiblesses. Cette image dédoublée représente à mon sens l’espoir de mémoire qu’il y a en chacun.
Paris fin août
Madeleine
Structure du film
Le titre de départ de ce film était « Souvenir ». Le film est constitué de deux parties : le début, une femme de dos dans un couloir, une musique de blues nostalgique au loin. Et puis la femme disparaît dans la matière de l’image, car elle s’est mise à courir, et on arrive au niveau du musicien. Là on se rend compte, par l’image, par le choix de donner de l’argent au musicien, par la musique qui devient très présente, par l’axe qui s’inverse (on était en travelling avant, on passe en travelling arrière), que la première partie du film était en fait un fantasme, un souvenir, en tous cas pas la réalité.
La musique
C’est la musique, présente au loin, qui a rendu présente l’image de cette femme. Cette musique, juste entendue, a eu l’effet de nous replonger dans le sentiment exact du passé.
Proust...
Cela m’a évoqué, bien-sûr, la madeleine de Proust, cette fameuse scène dans laquelle il décrit que manger une madeleine le replonge dans les sensations exactes de son enfance perdue.
C’est pourquoi j’ai nommé cette femme Madeleine... un film sur le sentiment de la nostalgie.
Ce film est né de la rencontre bien réelle avec ce musicien et cette passante, rencontre dans laquelle la caméra, mobile, était présente, agissante. Le film s’appuie donc sur cette vérité d’un moment partagé. Et il a fallu un important travail de post-production pour en construire la forme.
Le travail de l’image et du son
Sur la thématique de la nostalgie, il y a dans ce film un travail très précis sur le noir et blanc (qui n’est pas exactement du noir et blanc, mais un sépia très travaillé), le grain de l’image (qui est animé de mouvements différents en fonction des moments de l’émotion), le mouvement (les vitesses de défilement varient tout le temps, en fonction de l’émotion et du synchronisme avec la musique), le montage et l’étalonnage (qui varie aussi dans de très fortes proportions dans ce film très court).
Cependant la vérité du moment de la captation, la force de la rencontre subtile avec le musicien, cette fragilité qui fait la beauté, n’est pas trahie par le travail de post-production. Il y a une importante post-production, mais il y a toujours les points d’ancrage au réel, et notamment le point de synchronisme exact entre l’image et le son, qui se situe en plein milieu du film, autour duquel le film "tourne".
Le projet de ce travail formel est de faire sentir dans le temps présent la nostalgie, la disparition qui s’opère des personnages que l’on est pourtant en train de voir. Tenter de construire la sensation physique de ce paradoxe par la forme audiovisuelle.
Fiche technique
Durée : 3’24s.
Tourné dans le métro de Toronto - Canada, novembre 2010.
Madeleine
Un homme qui cherche sa maman
Court métrage expérimental. 3’23s. 2010. Réalisé par Benoît Labourdette.
Une tentative d’évocation, sans rien en dire ni en expliquer, d’un moment de basculement dramatique dans la vie de deux personnes...
C’est un court métrage expérimental dans la mesure où il tente une expérience de narration par l’évocation. Le projet est de questionner la façon de raconter une histoire. Est-ce que cela reste opaque ? Est-ce que cela entraîne, comme une simple histoire entraîne ? Est-ce que l’émotion se construit pour celui ou celle qui regarde ? C’est, entre autres, pour ces questions que j’ai tenté cette expérience.
Il y a aussi l’expérience du très peu d’images.
Un homme qui cherche sa maman
J’ai garé mon scooter
Durée : 1 minute 40.
Réalisateur : Benoît Labourdette.
Année : 2003.
Genre : Humour.
Synopsis : "J’ai garé mon scooter. J’ai égaré mon scooter. Si quelqu’un l’a trouvé, il peut me l’apporter." Petite variation musicale et visuelle humoristique.
J’ai garé mon scooter
Version originale (film en streaming)
Un film de Benoît Labourdette
Fiche technique
Titre : Version originale.
Genre : Documentaire de création.
Réalisation : Benoît Labourdette.
Année : 2005.
Durée : 00:03:39.
Format de tournage : téléphone mobile 3G Sharp 902SH.
Format de post-production : numérique DV 16/9è.
Production : Quidam production, dans le cadre du Festival Pocket Films 2005 (A propos du Festival Pocket Films)
Diffusion : web.
Synopsis
Un film tourné en bord de route, un travelling dans lequel la vacuité du décor qui défile invite à une introspection de ses propres images intérieures. Musique originale à la guitare de Benoît Labourdette, avec voix synthétiques.
Version originale
L’envers du décor
Fiche technique
Titre : L’envers du décor.
Genre : Documentaire.
Réalisation : Benoît Labourdette.
Année : 2005.
Durée : 00:01:41.
Format de tournage : téléphone mobile 3G Nokia 6630.
Format de post-production : numérique DV.
Production : Quidam production, dans le cadre du Festival Pocket Films 2005 (A propos du Festival Pocket Films)
Diffusion : web.
Synopsis
Les préparatifs d’un événement cinématographique.
Histoire de la réalisation
La salle de réunion du Forum des Images, salle ronde et mobilier dessinés par l’architecte Jean-Michel Wilmotte.
Les préparatifs de "Cinéma au clair de lune", films en plein air pendant l’été à Paris : des dossiers techniques en grand nombre doivent être, je crois, envoyés à tous les interlocuteurs de la ville.
Images visuellement étonnantes. Je suis là, au dessus, je vois cette image circulaire avec ces feuilles de papier qui volent en cercle.
Une personne du Forum des Images me dit "Chaque année, ils font ça, c’est un vrai spectacle".
J’ai mon téléphone portable dans la poche. Il y a une caméra dedans. Je filme.
Puis, je lis le texte de présentation de "Cinéma au clair de lune".
L’envers du décor
Dream
Fiche technique
Titre : Dream.
Genre : Expérimental.
Réalisation : Benoît Labourdette.
Année : 2005.
Durée : 00:02:14.
Format de tournage : téléphone mobile 3G Nokia 6630.
Format de post-production : numérique DV.
Production : Quidam production, dans le cadre du Festival Pocket Films 2005 (A propos du Festival Pocket Films)
Diffusion : Festival Pocket Films 2005 au Forum des Images.
Synopsis
Regards et désirs dans le métro.
Histoire de la réalisation
Assis dans le métro parisien, sur la ligne 4, allumant mon téléphone 3G, apparaît sur l’écran la ligne du seuil de la porte du métro.
L’idée vient d’un film en multiples écrans, structuré dans l’espace autour de cette ligne des portes, qui un octogone autour de l’image.
8 tournages, pendant un parcours de la ligne 4. 2 minutes pour chaque angle, afin que le film dure 2 minutes. On voit donc à l’écran en deux minutes simultanées le temps réel d’à peu près 20 minutes. Si on observe les mouvements des personnages, leurs dynamiques, il y a la co-existence de plusieurs temporalités diachroniques en une synchronie dictée par la construction spatiale. Pendant les tournages, sentiment très fort de cette tension, de ce contrepoint diachronique qui pourrait être à l’oeuvre dans ce split-screen.
Descente obligatoire à la station Porte d’Orléans, le terminus. Le tournage a juste eu le temps d’être terminé. Les personnages du film sont partis. Il manque l’image centrale.
Je dois donc passer par les couloirs de cette station afin de rejoindre l’autre quai, duquel le métro repartira dans l’autre sens. En effet, le tournage s’est imposé à mon parcours prévu en montant dans ce métro.
Le tournage étant terminé, à part l’image centrale, je nourris le projet de faire le montage du film en sens inverse, lors de mon retour. Je suis dans le métro, j’ai un ordinateur portable, je suis dans le geste de création, c’est maintenant, tout de suite, que je dois le faire.
Dans le couloir de la station Porte d’Orléans, une affiche, avec ces corps. Elle s’impose comme étant le centre. Elle se situe au centre du temps de la réalisation de ce film, et ces regards, ces gestes arrêtés, ces peaux exposées dans l’affiche sont bien le signe complémentaire des images que je viens de faire.
Tournage, devant l’affiche, des images pour le point central de l’espace du film.
Je remonte donc dans le métro en sens inverse. J’allume l’ordinateur, je sors la carte mémoire du téléphone, je fais passer les images dans l’ordinateur avec un petit lecteur de carte, et puis je commence à construire, avec un logiciel de montage vidéo, la structure spatiale du film, le petit protocole technique qui va me permettre de concrétiser mon idée de tournage. Ca fonctionne. Je "jette" là les choses importantes.
Le geste a été capté. Un film, pas tout à fait fini d’être monté, en est la trace.
Le soir, donc peu après, c’était le chemin du retour, je finalise, c’est en fait un peu compliqué, le placement des éléments, je travaille sur l’illustration sonore, à partir de ma bibliothèque sonore, que j’alimente régulièrement.
Et enfin, je publie le film sur la liste de diffusion du Festival Pocket Films, le soir-même.
Dream
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