Plan-séquence n°12 : Incident à la sortie

Date de réalisation 6 juin 2006
Durée 02:11
Format tournage Téléphone Sharp V703
Format d’image Cinemascope
Format de post-production HD

Texte du film

- Un homme est assis là, un gros chien couché à son côté. Un chien de garde.

- Une femme emprunte l’escalator, du bas vers le haut.

- Elle n’a pas vu l’homme assis, mais lui, par le truchement des vitres, des reflets, des petites lampes en haut, de l’effet de la lampe éteinte qui permet à l’ombre de se découper sur le fond et de devenir visible, l’homme sait qu’elle va arriver. Il sait à quoi elle ressemble, avant de l’avoir en face.

- Le Saint Esprit est absent de la scène, il faut dire que c’est le matin. Il est très tôt. Sans doute sa clémence et sa présence eut évité l’incident à la sortie.

- C’est la sortie d’une gare suburbaine, le lieu inexistant de passage de l’ombre à la lumière.

- On attend, bien-sûr, que l’homme en attente soit agressif. Il faut dire qu’il se réveille, la silhouette de la femme devient un corps réel et visible. Il la regarde, il est émerveillé.

- Et l’agression a lieu : le regard de la femme n’a pas existé. L’homme a reçu un coup de poignard par l’effet de sa transparence dans le regard de l’autre.

- La peur, peut-être, est responsable.

Incident à la sortie (plan séquence n°12)


Galerie photo

Le 7 juin 2006 par Benoît Labourdette.



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Benoît Labourdette a réalisé un film chaque jour pendant un mois, en mai-juin 2006, visibles ici. Le parti-pris du plan-séquence.

Le téléphone est un outil du quotidien. Il y a une caméra dedans. Comment filme-t-on ? Que filme-t-on ? Pourquoi filme-t-on ? Qu’est-ce qu’un projet artistique, audiovisuel, à l’aune de la caméra dans la main à tout instant ?

Faire du montage non pas dans la caméra, mais faire du montage au réel : marcher, s’arrêter, faire un geste, regarder là, et puis bouger le bras, regarder ailleurs. Ecrire en images l’histoire qui se raconte en moi quand je suis là, transmettre cette histoire, recevoir le regard de l’autre, et s’enrichir mutuellement de nos perceptions.

(plans-séquences tournés avec un téléphone prêté par le Festival Pocket Films/Forum des Images)

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