Imaginons un instant
Imaginons un instant que ce balai est un être humain, imaginons un instant que ce trottoir est un soleil, imaginons un instant que la nuit n’existe pas... dans le quotidien, des visions du monde incongrues et surréalistes, proposées par Benoît Labourdette au fil des périgrinations de la vie.
Imaginons un instant que cette navette est pleine de voyageurs (épisode 21)
(3’17, 6 janvier 2010)
Le temps aussi peut nous jouer des tours. On peut tout à fait imaginer que le temps ne se déroule pas comme on le croit. D’ailleurs, des scientifiques on ne peut plus sérieux font ce type d’hypothèses, qui souvent se révèlent tout aussi farfelues que justes d’ailleurs, comme dans le cas de la physique quantique.
Mais au niveau d’un individu, que se passe-t-il, si le temps vient à bouger ?
La fin de ce film apporte une petite révélation sur toute la série...
Imaginons un instant que cette navette est pleine de voyageurs (épisode 21)
Imaginons un instant que cet escalier et cet escalator sont rivaux (épisode 20)
(3’20, 6/1/2010)
Deux escaliers rivaux ? Pour quelle raison ? La société du chiffre peut même pousser des objets inanimés à la compétition ! La preuve en est avec ce film.
Imaginons un instant que cet escalier et cet escalator sont rivaux (épisode 20)
Imaginons un instant que le ciel est rouge (épisode 19)
(2’09, 4/1/2010)
Après le passage de l’année 2009 à 2010, je me suis posé la question de notre origine extra-terrestre. Il n’est pas impossible, c’est l’une des théories de notre existence sur la terre, que nous soyons issus d’une météorite, qui, arrivée sur terre, aurait apportée les éléments de la réaction chimique au point de départ de l’existence de la vie.
Par ailleurs, la couleur du ciel dépend, outre la subjectivité de notre regard, d’énormément de facteurs climatiques, physiques et chimiques. Il pourrait avoir une autre couleur, bien-sûr, mais si c’était le cas, nous serions certainement bien différents.
Imaginons un instant que le ciel est rouge (épisode 19)
Imaginons un instant que ces rues sont des canaux (épisode 18)
(2’49, 19/12/2009)
Parfois la nuit fait imaginer un réel bien différent de ce qu’il semble être. Le solide devient liquide, l’urbain devient fluvial. Le rêve d’une autre ville, Venise en banlieue parisienne, semble se réaliser...
Imaginons un instant que ces rues sont des canaux (épisode 18)
Imaginons un instant que cette rue est le début du monde (épisode 17)
Il est de la nature même de ce projet que d’imaginer à partir de la rencontre avec l’aléas.
Imaginons un instant que cette rue est le début du monde
Imaginons un instant que ce couloir est sous-marin (épisode 16)
Travail à partir du travail d’un jeune architecte qui a fait un collège à la Ciotat. Jeunes architectes de la région. Travail sur l’espace proposé par une nouvelle architecture. Confrontation de l’architecture du son et du temps, lieux du cinéma, à l’architecture de l’espace du monde réel.
Imaginons un instant que ce couloir est sous-marin
Imaginons un instant que cette chaise est un cinéma (épisode 15)
Là le désir de rencontrer un lieu, un lieu potentiel, tout neuf, dans lequel il ne s’est pas encore passé énormément de choses. Un lieu de promesse, qui m’a posé la question du cinéma. Et la question de la vie et du lieu du cinéma, justement. Dans une salle comme cela, on peut faire "battre" du cinéma.
Un lieu lié à Zinc / ECM Friche la Belle de mai à Marseille (Emmanuel Vergès, Claire Duport, Céline Berthoumieux).
Imaginons un instant que cette chaise est un cinéma
Imaginons un instant que cet immeuble est un gâteau à la crème (épisode 14)
Comment ce qui est le quotidien de centaines de gens peut sembler lointain et incongru au promeneur égaré.
Imaginons un instant que cet immeuble est un gâteau à la crème
Imaginons un instant que ces lance-air sont des lance-flammes (épisode 13)
Le désir de travailler sur le son. Le désir aussi de travailler moins en face à face, mais plutôt de travailler sur la façon dont la voix éclaire l’image. Etre moins dans le visage omniprésent.
Imaginons un instant que ces lance-air sont des lance-flammes (épisode 13)
Imaginons un instant que ce couloir est une piste de ski (épisode 12)
Le principe de cette investigation dans le réel est de construire à partir d’une ouverture aux hasards surréalistes que la vie propose.
Aujourd’hui, une recherche pour acheter quelque chose de rare : le vendeur d’un magasin me conseille un autre magasin, je m’y rends, je ne trouve pas. Un agent de sécurité m’envoie vers un autre magasin... je ne trouverai pas. Dans ces sous-sols de la grande ville, dans lesquels circulent les trains souterrains, je croise, dans un magasin, des gens qui rêvent de leurs vacances de ski, qui achètent leur équipement, qui préparent leurs voyages. Tout cela à quelques secondes des couloirs glauques et banals du quotidien. Il fallait donc confronter ces rêves et le réel, si proches au fond !
Imaginons un instant que ce couloir est une piste de ski
Imaginons un instant que les voitures n’existent pas (épisode 11)
Je me rends compte que le thème de la vie sur terre revient, lui aussi, de façon presque automatique dès qu’on regarde autour de soi. Le thème de la possibilité de la vie sur terre, et la question de notre existence. C’est étonnant comme, dans le quotidien, qui semble évident, en réalité dès qu’on pose une petite question, ce sont les questions essentielles qui viennent.
La question de la forme, que je retravaille. Les cadrages, les axes de caméra, etc. Important. Et je me dis qu’il faut que je précise le travail sur la structure narrative.
Imaginons un instant que les voitures n’existent pas
Imaginons un instant que la fatigue n’existe pas (épisode 10)
Lier explicitement le tournage a un état intérieur du moment présent.
Ce fut le cas du tout premier film de la série, de façon moins explicite. C’est un axe intéressant, car c’est l’occasion d’un travail sur la vérité des choses, qu’on ne perçoit pas soi-même, mais qui est au fond le vrai sujet du film.
Imaginons un instant que la fatigue n’existe pas
Imaginons un instant - Episode 9
Imaginons un instant que ce train n’existe plus...
Une tentative plus simple que d’habitude. Une situation qui n’aurait pas pu être provoquée.
Imaginons un instant - Episode 9
Imaginons un instant - Episode 8
Imaginons un instant que cet arbre est un vrai arbre...
Le désir de confronter ma proposition narrative à l’Histoire, l’inscription dans une perspective urbanistique.
Et, concernant le travail du son, le travail avec des voix de personnes autour de la situation, dans l’espace stéréophonique.
Imaginons un instant - Episode 8
Imaginons un instant - Episode 7
Imaginons un instant que cette affiche est un visage...
Depuis quelques temps, je souhaitais aborder le sujet de la caméra que j’emploie. A vrai dire, j’ai eu l’idée et commencer à tourner cette série de films "Imaginons un instant" il y a trois ans et demi, en 2006. J’ai tourné un certain nombre d’épisodes à l’époque, avec un téléphone portable. J’étais assez convaincu de mon intérêt pour cette démarche, mais je n’étais pas satisfait du résultat, techniquement parlant, au niveau du son. Les micros dans les téléphones sont de petits micros mono omnidirectionnels (pour le moment) qui restituent un son qui peut être tout à fait correct si l’on se trouve dans des situations où l’environnement est silencieux. Mais lorsqu’on est dans un espace rempli de bruits, tous les bruits se mélangent et le son devient difficile à "décoder".
L’un des principes, dans "Imaginons un instant", est de confronter des paroles au sein d’un contexte réel. Avec les tournages au téléphone, l’écoute des films était désagréable, il fallait tendre l’oreille pour comprendre, c’était la cacophonie... bref, je n’ai jamais montré ces premiers films, car cela ne fonctionnait pas aussi bien que je l’aurais souhaité, et le projet est resté dans les cartons.
A la même époque, en 2006, après de nombreux tests comparatifs, j’avais acheté un des premiers enregistreurs de son à carte mémoire, le Zoom H4. C’est un micro enregistreur, qui produit un son de très grande qualité. Au bout de la main, en allant chercher les sons, on pouvait produire des ambiances sonores d’une qualité incroyable. Il est utilisé de façon très large dans la profession audiovisuelle désormais. Puis est sorti le Zoom H2, plus petit. Et il y a quelques semaines, j’ai appris la sortie du Zoom Q3, qui est doté des mêmes micros que le Zoom H2, mais dans lequel une petite caméra a été intégrée ! C’était enfin l’outil qu’il me fallait pour pouvoir réaliser "Imaginons un instant" !
Dans ce film, j’ai choisi de confronter mon regard et mon texte aux images mouvantes présentes dans la ville, comme une mise en abyme de l’image elle-même. Ce n’est pas habituellement mon point de vue, car justement je cherche une confrontation avec le réel. Les images, publicitaires notamment, qui s’enchaînent sur les murs des villes, sont moins constitutives du réel que les lieux, les bâtiments, les gens... on le voit d’ailleurs dans ce film, au moment où je suis capable de faire disparaître ces images (alors qu’il est plus difficile de faire disparaître un bâtiment, par exemple). Et ce n’est sans doute pas par hasard que, précisément pendant cette question posée à l’image elle-même, la question soit posée explicitement par un passant, qui m’amène à devoir tout dire sur l’objet caméra, jusqu’à son prix. Le sujet s’est approfondi, me semble-t-il, dans la confrontation à la parole d’un autre.
Imaginons un instant - Episode 7
Imaginons un instant - Episode 6
Imaginons un instant que cette poubelle est un autobus...
Sans que je le décide, le thème de la personne en tant qu’objet, le thème de la déportation, de l’exclusion, du déchet, revient de façon presque automatique dès qu’un sujet se présente à moi. Je me rends compte que c’est en quelque sorte un postulat d’origine de mon regard. Et par ailleurs, le thème de l’autobus a fait partie de certains échanges du quotidien récemment.
Il manque sans doute un peu de distance dans ce film, mais le jeu des correspondances (poubelle, autobus, feux rouges, multitudes de signes dans la ville, rythmique du mouvement nécessaire à la circulation des flux indispensables à la vie urbaines...) donne un sens qui m’a fait choisir de le montrer.
Imaginons un instant - Episode 6
Imaginons un instant - Episode 5
Imaginons un instant que ce mur est une pelouse...
Dans un quotidien plus simple, moins allégorique peut-être que dans les précédents films.
Aller aussi dans du concret, presque un simple projet architectural. L’influence, sans doute, d’une discussion avec Carole Desbarats à propos du métier d’ingénieur des fluides, notamment dans le métro parisien, qui la concerne de près.
La recherche sonore sur la relation entre voix et ambiances sonores (mouvements des métros), et sur le hors-champ du son du métro. Et insertion du son direct sur les génériques. Le son direct est ici le seul son du film.
Imaginons un instant - Episode 5
Imaginons un instant - Episode 4
Imaginons un instant que ce radiateur est un mur...
L’une de mes volontés, dans ces films, est de construire des bandes sonores en direct pendant la prise, de déplacer la "micro-caméra" pour faire exister des sons en plan séquence.
Ce radiateur soufflant, au bruit discret, m’a invité à l’enregistrer. C’est sans doute un embryon de bande sonore, mais c’est un premier essai. Je prends aussi plus garde aux bruits de manipulations de l’appareil, que j’essaie de réduire au minimum (sauf si je choisis de les exploiter en tant que tels, bien-sûr).
Alors, le cadre ayant été plutôt technique, le sujet n’a pas du tout pu préexister, ce qui est la meilleure situation pour ce projet. Le "danger", le fait de ne pas savoir où l’on va mais de s’ouvrir aux directions que les rencontres proposent, était total.
Le mythe de la maîtrise de l’homme sur le monde est revenu de façon explicite. Ma crainte de la répétition et de l’ennui. Mais au fond, non, c’est une variation sur le thème, et peut-être que cet ensemble de films en train de se faire sont une investigation contre la maîtrise, justement. Un projet de travail sur la "justesse" des choses. Dans cette mesure, il n’est pas anormal que ce sujet de la maîtrise de l’homme figé revienne. L’essentiel est de ne pas verser dans la complaisance. Et si cela affleure de temps en temps, c’est que c’est quelque chose à travailler, justement.
Imaginons un instant - Episode 4
Imaginons un instant - Episode 3
Imaginons un instant que cette rue est un coffre-fort...
Le désir du tournage en extérieur, pour ne pas inscrire une claustrophobie, par rapport aux deux films précédents. Et puis le désir de questionner l’espace de la rue : suite à une discussion avec Rachid Djaïdani, qui exprime que la rue c’est "chez lui", j’essaie de comprendre ce que cela signifie.
J’avais aussi, pour ce film, l’intention de "scénariser" la démarche, c’est à dire de prévoir à l’avance où j’allais, de construire un canevas préalable. Ce qui n’exclut pas l’improvisation par rapport à ce qui se passe pendant le tournage, bien sûr. On le voit par rapport au contenu de la poubelle et par rapport au balayeur. Mais le point d’arrivée était défini avant le tournage. "La clef" a produit l’idée du coffre fort, et le parcours du travelling avec son point de départ et son point d’arrivée.
Par contre, le sujet du film, ce dont il parle, profondément (que je ne dévoile pas pour ne pas réduire le film, car cela naît dans la temporalité du tournage), n’était pas dans sa structure, et s’est constitué pendant le la prise. Qu’il y ait, ou non, une structure préalable, l’exigence de sens et d’ouverture doit être la même. Finalement, la structure a peu d’importance, ce qui compte c’est l’ouverture, au moment de l’acte de faire. S’il y a cette ouverture, le sens vient à nous.
Imaginons un instant - Episode 3
Imaginons un instant - Episode 2
Imaginons un instant que ce mur se trouve dehors...
L’un de mes axes de travail est la mise en scène du processus même de l’écriture, la dramaturgie (donc l’intérêt pour le spectateur) de l’opération créative : comment la rencontre avec des objets, la confrontation entre l’imaginaire et le réel crée les idées et les concepts.
C’est une proposition de petits films réguliers, associés à leur contexte d’apparition. Je travaille sur une nouvelle acception de l’inducteur "Il était une fois...", que je remplace par "Imaginons un instant...".
"Il était une fois..." est l’inducteur du conte féérique, de la plongée dans un monde totalement imaginaire. Une façon de nous éclairer sur nous-mêmes, tout en nous divertissant, par un rattachement la fiction contée (complètement extérieure au réel, donc à dimension symbolique) aux mythes profonds qui nous gouvernent.
"Imaginons un instant..." est l’inducteur du décalage surréaliste, de la distortion du réel. Une façon d’éclairer le fait que la notion même de réel est profondément subjective. Une proposition de prise de distance, pour chercher à toucher de plus près ce qui nous échappe dans l’expérience vécue.
Imaginons un instant - Episode 2
Imaginons un instant - Episode 1
Imaginons un instant que la nuit n’existe pas...
Premier épisode diffusé d’une série dont l’idée, et les premiers tournages, ont eu lieu il y a trois ans, mais la technologie des micro caméras de l’époque ne permettait pas de le réaliser vraiment. C’est aujourd’hui possible !
Imaginons un instant - Episode 1
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