Ateliers « Pocket Films »
Ateliers de réalisation et de sensibilisation aux enjeux du téléphone portable en tant que caméra.
Atelier de réalisation avec téléphone portable au Festival des 4 écrans 2009
Le 19 novembre 2009, dans le cadre des ateliers de l’université de l’image de la 3è édition du Festival Européen des 4 écrans (www.festival-4ecrans.eu), Benoît Labourdette anime un atelier de réalisation avec téléphone mobile.
Le public est composé d’étudiants journalistes, d’étudiants des médias et de professionnels de l’audiovisuel.
En 2h, on aborde :
la relation de chacun à ces nouvelles images faites avec téléphone.
discussion et mise en partage des problématiques.
visionnage de films « professionels » tournés avec téléphone.
cadre de contraintes : on va réaliser un plan-séquence.
5 groupes vont tourner.
visionnage et discussion autour des films réalisés pendant l’atelier.
5 films ont été réalisés par les 5 groupes. Chaque film propose un regard singulier. Les tournages sont réalisés dans la Bibliothèque Nationale de France François Mitterrand à Paris.
En un temps très court, les participants sont invités à une pratique vivante du tournage de film. On décomplexe l’acte de filmer, pour en faire un moment où l’on travaille son rapport au sujet filmé, son rapport à l’autre, son point de vue artistique, sa spontanéité, son éthique…
Atelier tournage avec téléphone portable au Festival de Films de Femmes de Créteil 2009
Le 20 mars 2009, Benoît Labourdette anime une journée d’atelier de réalisation de films avec téléphone portable pour deux « classes festival », dans le cadre du Festival de Films de Femmes de Créteil 2009.
60 élèves, deux classes (quatrième et seconde) se rendent le matin dans la salle Varda de la Maison des Arts de Créteil. La journée commence par un échange sur ce que sont ces images que l’on fait tous avec son téléphone. Parmi ces élèves, un seul n’a pas de téléphone, et un autre seul n’a pas de caméra dans son téléphone. L’équipement en téléphones-caméras chez les adolescents, quelle que soit la « classe sociale », est donc, en 2009, quasi total en France.
Après cette mise en question des pratiques, je projette des films, tournés avec téléphone, mais de « vrais » films, c’est à dire qui ont été conçus pour exprimer quelque chose, pour transmettre un message, une émotion, à l’autre, pas juste pour garder un souvenir d’un moment quotidien.
Puis, à partir de ces visionnages, qui, je l’espère, vont donner une ambition aux projets de films des jeunes, nous formons des petits groupes. Les jeunes vont travailler en groupe, pas individuellement, pour leurs films. D’où une dimension collective, très pédagogique, qui intervient dans le domaine de la production d’images avec téléphone.
Onze groupes sont formés, qui, chacun, doivent faire un film, sur le principe du plan-séquence, ou du tourné-monté, afin d’éviter l’étape du montage. En effet, ce qui me semble le plus essentiel, avec le téléphone, c’est l’enjeu du tournage et l’enjeu de la diffusion. L’expression et l’éthique. Le montage est une autre dimension, très importante, évidemment, mais qui n’est pas la plus prioritaire en termes de pratique dans le cadre d’un atelier sur un temps court, me semble-t-il.
Ensuite, il y a le moment de « calage technique » : je vérifie que je peux reprendre les vidéos des téléphones des élèves. Il faut absolument anticiper cela, car il n’y aurait rien de plus démobilisant, pour les jeunes, que leur travail ne puisse pas exister publiquement.
Puis, à midi, c’est le principe de cette journée, les jeunes partent faire leur tournage et participer au Festival. Ils vont voir à 13h le film « Knitting », de Yin Lichuan (Chine), qui a d’ailleurs remporté le Grand Prix du Festival de Films de Femmes en 2009.
Rendez-vous est pris à 15h30, dans la salle Varda à nouveau. Les jeunes apportent leurs films, il y a toute l’étape de la récupération des films, leur nommage, leur organisation. La plupart des films sont en plans séquence, l’un est en tourné-monté.
Je demande à chacun des groupes de préparer une présentation publique de leur film.
Puis, on éteint les lumières, chaque groupe vient faire, en public, une présentation du film, et ils découvrent, sur grand écran, leur film et les films des autres. Donner de l’importance à ce moment de la présentation publique est essentiel à mon sens. Cela fait vivre, concrètement, l’expérience de l’importance des images, ce qui me semble très formateur, par rapport aux questions éthiques que posent la production d’images, et surtout leur diffusion, partagée par tous. Et cela est aussi un moment très valorisant, qui met en valeur de façon collective la capacité d’expression de chacun.
Après chaque film, je prends le temps de commenter, de rebondir sur les enjeux que cela soulève, et de donner des conseils, techniques ou scénaristiques, très concrets qui, je l’espère, leurs seront utiles pour la suite.
Les jeunes ont vraiment pris en compte la spécificité du téléphone en tant que caméra. Ils ont fait des films soit intimistes, soit de témoignages, soit faussement pris sur le vif…
Cet atelier était proposé par le Festival International de Films de Femmes de Créteil, à l’initiative de sa directrice, Jackie Buet. Tout a été mis en place par Delphine Collet, responsable des ateliers dans l’équipe du Festival.
Galerie photo
Ateliers « Pocket Films » à l’Institut français de Valencia (Espagne)
Les 5 et 6 mars 2009, l’Institut Français de Valencia (Espagne), dirigé par Pascal Letellier et ayant pour responsable de l’animation culturelle Stéphane Segreto, a proposé deux ateliers « Pocket Films », animés par Benoît Labourdette.
Atelier dans la salle de spectacle de l’Institut français
Le public est constitué de curieux, de cinéphiles, de sceptiques, aussi, du téléphone portable en tant que caméra. Après la projection de certains films, discussion, sur les enjeux des images tournées avec téléphone, la proposition est faite au public de réaliser un plan-séquence, ensemble, tout de suite.
Il faut prendre garde à la façon dont on se passe le téléphone, car on ne fera pas de montage ensuite. Chacun réfléchit à ce qu’il voudrait proposer d’inédit, sa vision particulière. Et chacun doit raconter une petite histoire, au sens large, proposer un début, un milieu et une fin, sans jamais éteindre la caméra.
Le tournage commence par quelqu’un qui sort de la salle avec le téléphone ! Et qui re-rentre, par l’autre porte. Chacun se passe l’objet-caméra, un adolescent filme, en gros plan, sa basket sur laquelle il a écrit « no future », une histoire se tisse entre ces personnes qui se relaient dans l’exercice de leurs regards.
Puis, on regarde le film, qui dure une dizaine de minutes, on le regarde sans le son, pour pouvoir parler. Ce n’est qu’un exercice, bien-sûr, mais il s’est passé quelque chose, cette appropriation de l’image par chacun, ensemble, outre la conscience de l’image qu’elle apporte, fut un vrai moment d’échange et de générosité.
Atelier au Lycée français de Valencia
Le professeur d’anglais, Pierre Verguin, a préparé, avec ses élèves de 1re L, le travail : il les fait travailler sur Hitchcock, et les élèves ont réalisé, par petits groupes, plusieurs films dans le style hitchcockien. On commence par regarder ses films, qui contiennent tous des citations hitchcockiennes : la douche, la musique, le couteau, tendu, etc. Ces films sont très drôles, tous à prendre au second degré. Mais, finalement, ce n’est pas dans le style d’Hitchcock, puisque Hitchcock ne fait pas d’humour, mais fait du suspens.
S’ensuit alors une discussion sur ce que ferait Hitchcock aujourd’hui, avec la réalité d’aujourd’hui. Puis une réflexion sur ce qu’il y a de spécifique dans le téléphone portable : on ne va pas tourner le même film avec un téléphone portable ou avec une caméra, sinon quel intérêt d’utiliser un téléphone portable ?
Les élèves conçoivent leurs projets, par petits groupes, je les soutiens dans leur travail de réflexion. L’un des groupes part très vite en tournage. Les autres réfléchissent plus. Certains reviendront, regarderont leur film, puis iront en tourner une deuxième version. C’est vraiment, avec le téléphone, une pratique que je conseille : travailler sur le plan-séquence, tourner le film, le regarder, se remettre en question, le tourner à nouveau, etc. Ainsi, par la pratique, chacun fait un parcours vers la justesse, la maîtrise, la bonne compréhension.
A la fin de la séance, on prend le temps de faire le noir, et de regarder, avec un petit vidéoprojecteur, les films en grand. On leur donne une vraie valeur, ce qui est crucial dans le cadre de la démarche pédagogique.
Les films
Institut
- Film tourné dans la salle de l’Institut Français. Ce film est avant tout un exercice, dont le but était d’être visionné, en grand, juste après son tournage. C’est un plan-séquence. Une vraie relation s’est nouée entre les « apprentis cinéastes » présents (2009).
Epidemie version 1
- Film d’atelier. Lycée français de Valencia (Espagne). Un film sur une épidémie mortelle, qui survient au moment du tournage d’une blague par des jeunes filles (2009).
Epidemie version 2
- Film d’atelier. Lycée français de Valencia (Espagne). Deuxième version du film, retournée après visionnage de la première version. Il aurait fallu avoir le temps de tourner une troisième, une quatrième version, pour encore mieux préciser les choses (2009).
El secreto
- Film d’atelier. Lycée français de Valencia (Espagne). Un travail sur le secret derrière les apparences. Il y a une très bonne utilisation de la vidéo prétenduement faite au quotidien, qui bascule dans la fiction. Mais l’argument n’est pas encore très construit. C’est un film, s’il y avait eu le temps, qu’il aurait fallu retravailler, et retourner, qui aurait pu arriver à quelque chose de fort (2009).
Blague version 1
- Film d’atelier. Lycée français de Valencia (Espagne). Il s’agit du film du du groupe qui est parti très vite, sans beaucoup de réflexion. Ils n’ont pas, à part au début, vraiment pris en compte la spécificité du téléphone en tant que caméra (2009).
Blague version 2
- Film d’atelier. Lycée français de Valencia (Espagne). Après visionnage du film, ce groupe est allé refaire son tournage, en prenant plus en compte la spécificité du téléphone-caméra (2009).
Atelier « pocket films » à l’ESAV de Toulouse
L’ESAV (école de cinéma qui fait partie de l’Université Toulouse Le Mirail), intègre depuis deux ans maintenant, dans le cadre de sa pédagogie, un atelier « pocket films » (films tournés avec téléphone mobile), que j’anime. Cet atelier existe à l’initiative de Guy Chapouillié, directeur de l’ESAV, et au travail attentif de Paul Lacoste, responsable pédagogique. L’atelier fonctionne grâce au partenariat du Festival Pocket Films du Forum des Images, dont je suis le directeur artistique.
Le téléphone mobile est, de plus en plus souvent, équipé d’une caméra vidéo. Et, pour des raisons liées à la mise à disposition des technologies de visiophonie et de réception télévisuelle, dans quelques années TOUS les téléphones seront équipés d’une caméra vidéo. Cela paraît extraordinaire aujourd’hui, mais dans quelques temps ce sera banal. Finalement, créer une image deviendra aussi quotidien que prendre des notes avec un stylo.
Il y a donc une grande importance à ce que les artistes et les futurs professionnels se saisissent de cet outil encore nouveau, et explorent, tracent des chemins, éthiques, techniques, thématiques, des points de repères dans des pratiques qui peuvent produire le meilleur comme le pire.
D’une part les téléphones, on le voit depuis deux ans, peuvent être de réels outils de création. Cf. le Festival Pocket Films du Forum des Images. D’autre part, la production d’image devient un langage pour tout le monde et plus seulement pour des spécialistes.
Les institutions éducatives et culturelles ont un rôle à jouer, et toute leur place à occuper, dans des propositions constructives à travers ces nouveaux outils. Il y a des enjeux culturels et citoyens, ces deux aspects devenant d’ailleurs de plus en plus enchâssés l’un dans l’autre.
Déroulement de l’atelier « pocket films »
L’atelier « pocket films » à l’ESAV de Toulouse se déroule sur une semaine.
Découverte de films tournés avec téléphone mobile.
Réflexion sur les enjeux particuliers liés à ces nouveaux outils.
Prise en main de téléphones prêtés par le Festival Pocket Films du Forum des Images, partenaire de l’atelier.
Exercices de tournage, sur des sujets et avec des dispositifs qui n’auraient pas pu être mis en place si l’outil n’avait pas été un téléphone.
Mises au point techniques, car ces objets aux technologies émergentes ne s’insèrent pas encore de façon très fluide dans le « workflow » de la fabrication d’un film.
Tournages par les étudiants.
Les étudiants font eux-mêmes leurs montages.
Visionnage des films, conseils techniques de post-production.
Echanges sur les sujets des financements et espaces de diffusion spécifiques.
Réflexions et discussions à partir des enjeux soulevés par les films.
Bilan rapide
L’atelier « pocket films » 2007 à l’ESAV s’est déroulé la semaine du 15 janvier. Une sélection des films réalisés sera présentée dans le cadre du Festival Pocket Films, au Centre Pompidou à Paris, les 8-9-10 juin 2007.
Les étudiants, s’ils n’en étaient pas déjà convaincus, découvrent l’importance des enjeux, autant créatifs, esthétiques que documentaires et éthiques, de la réalisation d’oeuvres avec des téléphones mobiles.
Les étudiants devraient produire une réflexion sur leur expérience, qui devrait être relatée sur le site du Festival Pocket Films.
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