Formation professionnelle - Pédagogie


Nous proposons, à destination des enseignants et animateurs, des formations qui apportent des outils pédagogiques liés aux problématiques nouvelles des nouveaux médias : comprendre et savoir mieux utiliser le numérique, élaborer des propositions pédagogiques pertinentes vis à vis des nouvelles attentes des jeunes, etc.

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Formation professionnelle - Pédagogie

Nous proposons, à destination des enseignants et animateurs, des formations qui apportent des outils pédagogiques liés aux problématiques nouvelles des nouveaux médias : comprendre et savoir mieux utiliser le numérique, élaborer des propositions pédagogiques pertinentes vis à vis des nouvelles attentes des jeunes, etc.

Stage « Le cinéma à l’épreuve du numérique » au Forum des images # Journée d’initiation à l’écriture de scénario dans le cadre du Festival Intérieur Jour (Saint Gratien) # Stage « Evolutions des techniques cinématographiques » # L’éducation à l’image en péril # The cameraman de Buster Keaton, outils pédagogiques # Ressources sur internet pour la pédagogie de l’audiovisuel # Ateliers pédagogiques pour enseignants et/ou élèves # « Le caméraman » de Buster Keaton #

Stage « Le cinéma à l’épreuve du numérique » au Forum des images

Le cadre :

Stage de formation de 3 jours proposé par le Forum des images (Paris), en partenariat avec l’Académie de Créteil, à des enseignants du secondaire. Benoît Labourdette a animé la deuxième journée du stage. 24, 25 et 26 mars 2009.

Public et objectifs

L’objectif principal est d’apporter aux enseignants des outils de compréhension, de « fréquentation » et d’aisance avec les enjeux des images numériques.

Programme

- Premier jour : Entrée en matière + Evolutions des techniques cinématographiques

  • Visite du Forum des images.
  • Projection-conférence autour de Redacted, par Eugenio Renzi.
  • Histoire des techniques cinématographiques, dans la salle des collections du Forum des images.
  • Relations entre jeu vidéo et cinéma, par Alexis Blanchet.

- Deuxième jour : L’impact des nouvelles technologies sur les oeuvres + Atelier pratique de réalisation avec téléphone portable

  • Nouveaux supports, nouveaux outils, quelles conséquences, par Benoît Labourdette.
  • AtelierPocket Films, animé par Benoît Labourdette.

- Troisième jour : rencontre avec Joseph Morder + Quels impacts sur les pratiques d’éducation à l’image

  • Projection de J’aimerais partager le printemps avec quelqu’un, et rencontre avec le réalisateur Joseph Morder et le monteur de son nouveau film Kamel Bouknadel.
  • Présentation des fonctionnalités pédagogiques de la salle des collections du Forum des images, par Pauline Husy.
  • Présentation du projet Lignes de temps de l’Institut de Recherche et d’Innovation du Centre Pompidou, par Vincent Puig.

La journée avec Benoît Labourdette

Le matin a été consacré à un parcours dans les nouvelles pratiques liées au numérique, à partir des expériences de Benoît Labourdette en tant que réalisateur et basé sur beaucoup d’extraits, exemples et outils de compréhension concrets.

L’après-midi a consisté en un atelier pratique : envisager l’intérêt pédagogique de faire réaliser des films avec téléphone portable en classe, et en tester la mise en oeuvre.

Pour synthétiser sur la question de l’atelier avec téléphone portable :

- Le téléphone portable - caméra est dans toutes les poches des adolescents d’aujourd’hui, quasiment sans exception, et l’usage de vidéo est massif. Ce sont des films « intimes », pour la plupart. Cette production d’images quotidienne, cette façon dont nous nous représentons de plus en plus à travers l’image semble faire disparaître un peu l’importance de l’image, le pouvoir de l’image, la grande responsabilité d’en faire ou d’en diffuser.

- L’intérêt d’ateliers pédagogiques autour de l’outil téléphone portable en tant que caméra est d’apporter une distance, une meilleure conscience.

- Une façon de procéder pour mener un atelier :

  • Montrer des films tournés avec téléphone portable, de « vrais » films, à partir du site du Festival Pocket Films par exemple. Donner de la valeur à ce moment. Installer un vidéoprojecteur, faire le noir. Ce sera déjà la découverte d’objets audiovisuels radicalement différents de ce qu’on a l’habitude de voir. Déjà, cela invite à un questionnement.
  • Dialoguer sur la spécificité du téléphone en tant que caméra : que permet-il de différent de ce que permet une caméra ? Le fait de l’avoir tout le temps sur soi (ce qui n’est pas le cas d’une caméra), le fait de pouvoir le déplacer de façon très libre, le fait de pouvoir publier le film en ligne, etc. Dans le cadre de l’atelier, il s’agira d’utiliser le téléphone dans ses spécificités.
  • Envisager la différence entre le film intime, qui n’est compréhensible que par le petit groupe qui l’a produit, qui prend sa valeur par son contexte, et le film public, que l’on construit pour un autre, qui ne fait pas partie de notre petit groupe, donc on doit construire le film pour lui faire passer des idées ou émotions.
  • Constituer des petits groupes (entre 4 et 6), qui chacun feront un film : on institue un dialogue avant la production d’images, et on remet du collectif, là où le téléphone portable, même s’il est utilisé pour partager, est avant tout un objet individuel. Cela apporte aussi beaucoup, cette simple réflexion avant de produire une image. On se rend compte de l’importance et des enjeux de cet acte.
  • Proposer la contrainte du plan séquence : en effet, l’étape du montage est d’une part très laborieuse, et d’autre part, lorsqu’on filme et qu’on sait qu’on va faire du montage ensuite, on peut être tenté de filmer beaucoup, de ne pas avoir énormément d’exigence, car on se dit qu’on « verra ça au montage ». En plan séquence, c’est à dire que le film est fait d’une seule traite, entre le moment où on met en route la caméra et le moment où on l’arrête. L’intérêt de cela, c’est qu’on est obligé d’être très concentré, ce qui change radicalement la relation à la façon dont on filme avec le téléphone.
  • Les équipes reviennent, ils choisissent un film, parmi les plusieurs prises qu’ils ont tournées, et on projette chacun des films.
  • Donner une grande importance au moment de la projection. Avoir prévu suffisamment de temps, bien installer le matériel, faire le noir, projeter les images en grand. C’est fondamental, à mon sens. Car, pour la première fois, les images que les jeunes ont faites avec leur téléphone, prennent une dimension collective, on fait silence et noir pour les recevoir. Cela est extrêmement valorisant, et c’est très important. Et on vit, vraiment, l’importance des images. Chaque petit détail, chaque petite imprécision, apparaît en très grand. Des choses infimes deviennent évidentes, etc. Prendre le temps de la discussion.
  • Et l’idéal, c’est, après cette projection, que les élèves aillent tourner leur film une deuxième fois, en y mettant plus d’attention. Et pourquoi pas une troisième fois, une quatrième fois. C’est là qu’il y a une dimension vraiment pédagogique, beaucoup plus que lorsqu’il y a montage : les élèves, de façon naturelle, vont, au fur et à mesure des tournages du même film, préciser des choses, commencer à ressentir les vrais enjeux du langage cinématographique.

Outils

- Pour reprendre les vidéos des téléphones et les projeter, le plus simple est un ordinateur, avec un lecteur de cartes mémoires, un vidéoprojecteur et un amplificateur pour le son.
- Bien valider, avant que les élèves partent tourner, qu’on pourra bien reprendre les vidéos tournées avec leur téléphone (présence d’une carte mémoire, et test de reprise d’une vidéo). Si on ne fait pas de test préalable, on court le risque de ne pas pouvoir reprendre certaines vidéos, et c’est tellement décevant que cela en devient contre-productif.
- Logiciel gratuit de conversion des vidéos tournées avec téléphone portable (et autres) : SUPER (le lien se trouve en bas de la page).
- Lecteur multimédia Quicktime player, gratuit, qui permet de lire quasiment toutes les vidéos des téléphones portables.
- Lecteur multimédia VLC, libre et gratuit. Une référence pour lire toutes sortes de formats de fichiers vidéo.
- Fiche pédagogique Clemi « Réaliser une vidéo avec un téléphone portable ».
- Fiche conseil Clemi Atelier avec téléphone portable
- Livre Tournez votre film avec un téléphone portable de Benoît Labourdette.

Les films tournés pendant l’atelier

Les enseignants ont mis en pratique le plan séquence, sur un moment de tournage très court (à peine 30 minutes). Dans le dernier film « A l’endroit », le téléphone n’a pas été éteint, et produit donc des images très inattendues.

Le trou

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Le trou, film d’atelier. Plan séquence tourné avec téléphone portable (2009).

Désir

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Désir, film d’atelier. Plan séquence tourné avec téléphone portable (2009).

Au voleur

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Au voleur, film d’atelier. Plan séquence tourné avec téléphone portable (2009).

A l’envers

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A l’envers, film d’atelier. Plan séquence tourné avec téléphone portable (2009).

A l’endroit

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A l’endroit, film d’atelier. Plan séquence tourné avec téléphone portable (2009).

Le 2 avril 2009 par Benoît Labourdette.
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Journée d’initiation à l’écriture de scénario dans le cadre du Festival Intérieur Jour (Saint Gratien)

Le Festival intérieur jour, à Saint Gratien, propose aux participants d’écrire un scénario, en une journée, avec des contraintes, scénario qui sera réalisé ensuite avec l’aide d’un réalisateur professionnel (cette année, Stratis Voyoucas). Ce Festival est organisé par le cinéma municipal, les Toiles (lieu très actif), en collaboration avec la Médiathèque Théodore Monod de Saint Gratien.

Une semaine avant le Festival Intérieur jour, la Médiathèque Théodore Monod de Saint Gratien a proposé aux inscrits au Festival une journée de formation à l’écriture de scénario, animée par Benoît Labourdette (le 11 octobre 2008).

Une trentaine de participants étaient présents à cette journée, de tous âges, de tous horizons, chacun avec l’envie d’en savoir plus sur les « rouages internes » de la création cinématographiques. Pas de mythe du cinéma, mais un vrai désir, partagé, de comprendre par la mise en pratique.

La matinée a été consacrée aux bases du scénario : qu’est-ce qu’un film ? Quelles spécificités par rapport aux autres formes d’art et de narration ? Quels sont les éléments constitutifs d’un film ? Pourquoi il est indispensable de les prévoir ? Questions esthétiques, questions économiques. A quoi sert un scénario ? (formaliser, convaincre, financer, organiser, tourner, etc.) Quelles sont les formes du scénario ? La temporalité notamment. En quoi ça n’a rien à voir avec de la littérature. Ce n’est qu’un objet de transition, qui ne parle pas littérature, mais qui parle cinéma. Quelles sont les techniques d’écriture, de présentation. Le scénario n’est en fait que la mise en forme de tout le travail de construction préalable.

Brainstorming du début de l’après-midi :

Brainstorming

L’après-midi a commencé par un brainstorming, très productif pour faire naître les idées, en séparant les différents éléments constitutifs d’un film, puis en faisant son choix à travers toutes les idées lancées. Un canevas a été défini, et les participants, par petits groupes, ont construit un scénario par groupe. La nécessité du travail en commun, de l’écoute, du compromis…, expérience toujours très formatrices. Puis chaque groupe a lu son scénario aux autres, et il y a eu tout un travail, collectif, de « réécriture ».

Une journée très intense pour les participants, qui en sont sortis ravis, et nourris d’une expérience précieuse pour la suite.

Le 19 novembre 2008 par Benoît Labourdette.
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Stage « Evolutions des techniques cinématographiques »

Les 8, 9 et 10 avril 2008, la DAAC de l’Académie de Créteil et le Forum des images ont proposé à des enseignants un stage de formation, avec ce programme sur trois jours :
- Evolution des techniques, des appareils et des contenus artistiques.
- Filmer en numérique.
- Le tournage en numérique, quelle révolution, quels changements ?
- Filmer en numérique avec des élèves.

Les intervenants étaient : le musée des arts et métiers, Benoît Labourdette, Cyril Neyrat, Françoise Etchegaray et Philippe Troyon.

Je suis intervenu sur trois moments :
- Un atelier intitulé « Des jeux optiques aux images numériques ».
- Une présentation de films tournés avec téléphone mobile.
- Un atelier de réalisation de films avec téléphone mobile.

L’atelier « Des jeux optiques aux images numériques »

Pendant cet atelier, qui a abordé les thèmes suivants, nous avons fait un film numérique à partir du film de Phénakistiscope que les enseignants avaient dessiné le matin au Musée des Arts et métiers.

L’image et la naissance du cinéma

- Qu’est ce qu’une image ? Le principe de la chambre noire : principes optiques de la fabrication d’une image.

- Le principe de la photographie L’invention de la photographie par Nicéphore Niepce : principes chimiques de l’enregistrement mécanique d’une image.

- L’illusion du mouvement L’invention de l’image animée : principe du flipbook, du phénakistiscope. Principes physiques et physiologiques de l’illusion du mouvement.

- Comment fonctionne le cinéma ?

- La vidéo et ses différences avec le cinéma

Le numérique

- Qu’est ce qu’une image numérique ? Les pixels et les bits

- Qu’est ce qu’un son numérique ? Principes de l’enregistrement analogique du son (les rouleaux de cire d’Edison) et de la numérisation du son

- Quelle est l’opération de numérisation ?

- Principes de base du signal numérique : des 0 et des 1 Comment faire pour enregistrer des images et des sons avec des 0 et des 1 ? Quelle relation entre les 0 et les 1 ?

- L’image animée numérique

La présentation de films tournés avec téléphone mobile

J’ai fait une présentation de plusieurs films tournés avec téléphone mobile, en situant la position de cette nouvelle caméra dans l’histoire des techniques cinématographiques, et ses différents modes d’appropriation par les artistes depuis quatre ans. L’objectif est de donner aux enseignants des outils pour construire des propositions pour leurs élèves.

L’atelier de réalisation de films avec téléphone mobile

Nous avons commencé cet atelier en dégageant les directions principales qui pourraient être travaillées avec téléphone, dans lesquelles la spécificité de cet outil pourrait présenter un intérêt :

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Des films tournés avec téléphone

Puis, les enseignants sont partis, avec une dizaine de téléphones, tourner des films, pendant une heure.

Le dispositif technique était précisé : un plan séquence, c’est la contrainte qui permet de faire un film en très peu de temps, car on évite l’étape du montage. On pense malgré tout au montage, sauf qu’on doit le prévoir au moment du tournage.

Il est très important, je trouve, lorsque l’on propose un atelier audiovisuel, de ne pas omettre la dernière étape du processus :
- Conception.
- Tournage.
- Montage.
- Visionnage.

Il faut toujours prendre le temps de regarder les films, sur grand écran, et de les commenter. En effet, la diffusion fait complètement partie du projet. Et c’est une étape à penser tout autant : comment on présente le film, comment on le diffuse. D’autant plus qu’aujourd’hui, on peut mettre très facilement des films sur internet, donc on peut donner une diffusion réelle à des films d’ateliers.

Au retour, les enseignants avaient réalisé 10 films !
- Allô t’es où.
- Caddie.
- Extérieur, intérieur.
- Intérieur, extérieur.
- Main / Mobile.
- Propreté de Paris.
- Putain c’est beau.
- Samenakoa.
- Sans titre.
- Truc de foot.

Tous très différents, drôles, ou spontanés, ou très beaux plastiquement.

Mon impression est que, s’étant vraiment préparés, en termes de pensée, à cette mise en pratique, ils sont allés très vite à concrétiser des choses vraiment importantes, pour eux, en termes cinématographiques.

Le fait de mettre en place un dispositif technique bien validé en amont, de sorte qu’il n’y ait pas de perte de temps dans les problèmes techniques, permet de proposer un travail dense, riche et donc très bénéfique, aux participants.

La spécificité de la « caméra-téléphone » a vraiment été travaillée par les enseignants.

Synthèse sur ce stage

Ce stage, dans son ensemble, a été je trouve très bien conçu, et il m’a semblé que les enseignants ont dû sortir très enrichis, à la fois en termes de réflexion et aussi en termes très concrets et pratiques.

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Intervenants du stage
Le 11 avril 2008 par Benoît Labourdette.
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L’éducation à l’image en péril

« L’éducation à l’image en péril » : c’est le titre qui a été donné à une rencontre, lundi 13 mars 2006, dans le cadre du Festival de Films de Femmes de Créteil.

- Je n’ai pu être présent à ce moment d’échange. J’y participe donc, à distance, car l’enjeu me semble très important.
- La problématique première est : la réduction progressive, depuis 2002, des budgets pour des initiatives d’éducation à l’image.
- L’objectif serait donc : sensibiliser plus largement aux enjeux de l’éducation à l’image.

Les enjeux de l’éducation à l’image

Pourquoi l’éducation à l’image nous semble très importante ?

Je donne mon point de vue, qui appelle, bien-sûr, des réponses, des compléments, des débats.

Nous sommes de plus en plus entourés d’images, confrontés, dans notre relation au monde qui nous entoure, à de la médiation par les images. Et ce que ce soit au niveau de la transmission culturelle, de l’apprentissage, de la communication interpersonnelle…

Nous nous divertissons en regardant la télévision, des DVD, ou en allant au cinéma ou sur internet, nous apprenons en regardant des films, nous nous parlons en nous voyant, nous recevons des offres commerciales par des images animées, nous recevons des slogans politiques par des images animées, etc.

Tout un chacun a, plus ou moins, la conscience que ces images que nous voyons ne sont pas la réalité, et peut-être essaient, à notre insu, de nous « manipuler » (terme qui peut paraître simpliste de prime abord, mais qui au fond me semble très juste).

La démocratie est fondée sur la liberté, c’est la valeur fondatrice de notre vie en société. La démocratie suppose donc d’être en possession des outils de sa propre liberté. D’où l’enjeu de la liberté d’expression. Mais par rapport aux images, sommes-nous sufisamment outillés pour avoir une conscience réelle de la rhétorique spécifiquement audiovisuelle qui peut servir à la manipulation ou à la suggestion ? Sommes nous suffisamment capables de discernement face aux images, dont le langage sous-jacent évolue sans cesse ?

La réponse, à mon sens, est non.

Je pense sincèrement qu’il y a là un enjeu important pour notre démocratie. Si on peut, à l’école, ne serait-ce qu’ouvrir la porte vers la conscience que les images ne sont pas mimétiques du réel, que les images sont fabriquées, et ouvrir cette porte non pas en tenant un discours dogmatique (comme celui-ci), mais en donnant des outils simples et ludiques d’analyse, on remplirait simplement une mission de service public indispensable.

Le 1er avril 2006 par Benoît Labourdette.
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The cameraman de Buster Keaton, outils pédagogiques

Collège et cinéma

En 2006, le film « The cameraman » est au programme du dispositif Collège et cinéma. Des enseignants emmènent donc leurs élèves voir ce film. Ces enseignants ne sont pas forcément des spécialistes du cinéma. Que faire autour de ce film ? Comment préparer les élèves à sa vision ? Comment gérer la sortie dans la salle de cinéma ? Qu’en faire après la projection, que travailler à partir de ce support ? Comment relier cette expérience à son programme scolaire ?

Ces questions importantes et légitimes ne trouvent pas forcément des réponses immédiates et évidentes, d’autant plus que pour pouvoir exploiter ce type d’expérience vécue par les élèves, on a besoin d’outils, qui, là aussi, ne sont pas forcément évidents au départ. L’objectif de cet article est de présenter plusieurs outils, approches, démarches pédagogiques pour ce type de travail en général, et appliqués en particulier au film « The cameraman » de Buster Keaton.

Benoît Labourdette

Entre autres activités professionnelles, j’anime régulièrement des formations à l’image pour des enseignants, dans divers cadres et dispositifs. J’ai notamment présenté le film « The cameraman » a des enseignants de Seine et Marne au mois d’octobre 2005 (à la Ferme du Buisson à Noisiel et à Montreau, en collaboration avec l’association Actart). J’ai mon approche personnelle et subjective de la pédagogie. Je propose ici des hypothèses de démarches pédagogiques, qui n’engagent que moi, et qui ne sont en aucun cas des dogmes, ni des « méthodes » précises. Cet article est simplement à prendre comme pouvant vous apporter des suggestions de directions, peut-être nouvelles pour vous.

Présentation de l’intervention sur Le cameraman

Voici la façon dont mon intervention a été présentée aux enseignants :

Le film

« Le caméraman », de Buster Keaton, une oeuvre merveilleuse, drôle et profonde, qui nous parle de nous, et du cinéma, à travers notre projection sur « l’homme qui ne rit jamais ». Pour que les élèves puissent en recevoir tout l’humour, toute la force, ce film doit leur être introduit. Un film muet, en noir et blanc, de 1928, ce n’est pas habituel ! Faisons le lien avec les acteurs et les films d’aujourd’hui, de Jim Carrey à Bob l’éponge, visitons unpeu les premiers court-métrages de Charlot, qui, aujourd’hui encore, entraînent de façon immédiate l’adhésion des petits et des grands, et nous serons prêts à percevoir toute la saveur du film de Buster Keaton. Ensuite, approfondissons la construction des gags, le langage cinématographique de cette époque, l’histoire incroyable de ce cinéaste, et abordons la place de cette oeuvre dans l’histoire du cinéma, et nous nous sentirons « en intimité » avec ce film.

L’intervenant

Producteur, éditeur DVD, scénariste et réalisateur, Benoît Labourdette est intervenu dans le cadre de « Lycéens et apprentis au cinéma en Ile-de-France » auprès des élèves et dans la formation des enseignants. Par ailleurs il a participé à d’autres projets sur le cinéma, entre autres pour un atelier de réalisation pour les classes-festival « Graine de cinéphage » pour le Festival International de Films de Femmes. Il a différentes approches dans son travail sur l’éducation à l’image, toujours très liées à la pratique. Pour en savoir plus : www.quidam.fr

Pourquoi emmener ses élèves voir The cameraman ?

Cette question paraît peut-être toute bête, et pourrait trouver la simple réponse : pour élargir le champ culturel des élèves. Mais, à mon sens, cette réponse là est un peu toute faite, c’est presque de la langue de bois. Je pense que l’enseignant doit, intimement, sentir des raisons profondes et du sens à cette démarche. On sait, depuis Freud, que l’inconscient existe, et que ce qui va circuler de plus fort entre les êtres humain est le non verbal. Ainsi, je pense qu’il faut partir, dans ce genre d’expériences (emmener des élèves au cinéma), sur le présupposé que si l’enseignant a le désir et ressent le vrai sens (au delà de la réponse toute faite), le vrai sens pour lui, de cette démarche, les choses seront déjà sous les meilleures auspices. Cela ne suffit pas, bien entendu, mais il me semble qu’il s’agit de la fondation, d’autant plus qu’une sortie au cinéma, si elle ne résulte pas d’un désir partagé, fait perdre son sens et sa place socio-culturelle au cinéma lui-même, qui est la dimension du plaisir.

Donc, le travail premier de l’enseignant, après (ou avant et pendant) le choix de faire cette sortie, est de creuser, à partir de cette proposition qui lui a été faite par l’institution culturelle et à laquelle il a choisi de répondre, de creuser sa relation à ce film en particulier. Ce n’est pas forcément long ni complexe, je ne parle pas du tout ici de quelque travail de recherche sur le réalisateur, ou l’histoire du cinéma, ou que sais-je ? Non, c’est mon lien à ce film, mes a-priori, est-ce que je l’ai vu ? Est-ce que j’en ai entendu parler ? Est-ce que j’ai vu des photos ? Qu’est-ce que ce film représente pour moi ? Qu’est-ce que j’en attend, pour moi, et pour les élèves ?

On peut, et on doit, je pense, se poser ces questions, même si on n’a pas vu le film, même si on n’y connaît rien à Buster Keaton, même si on se sent ignorant ou incompétent par rapport à ce film. Pourquoi ? Car, quel est le travail primordial à mener à travers cette sortie pour aller voir un film du patrimoine ? C’est de faire le lien entre soi et cette oeuvre, son contexte, son histoire et notre histoire individuelle. Nous sommes tous, et les jeunes pas moins que nous, baignés dans un champ culturel extrêmement riche, quoiqu’on puisse en dire. Pour que la vision d’un film, au cinéma, ce qui n’a rien d’anodin, dans une expérience collective, trouve son sens pour soi, il faut que chacun, et soi-même, enseignant, en premier lieu, puissions « raccrocher » ce film à des choses, des représentations, des idées, des expériences, des connaissances, qui font nos préoccupations, notre vie au quotidien.

Comment préparer la sortie au cinéma ?

Pour qu’un lien puisse se faire entre moi (« moi », c’est l’élève et/ou l’enseignant), entre ce qui me concerne aujourd’hui et le film de Keaton puisse advenir, une préparation est indispensable, cela ne se fera pas tout seul. Si, cela se fera tout seul pour quelques élèves, bien-sûr. Ces élèves là, outre le plaisir de l’échange qu’on peut avoir de façon immédiate avec eux, ne sont pas ceux qui vont nous intéresser, pour la simple raison qu’il n’y a rien à faire pour eux… Ce sont les autres qui comptent, c’est pour les autres que nous devons assumer notre mission.

Pour préparer la sortie au cinéma, il ne sert à rien de dire aux élèves : c’est un film important, c’est un réalisateur important, vous devez connaître. Si vous dites cela, vous entraînez automatiquement le rejet du film à priori (ce qui ne veut pas dire que certains ne vont pas l’apprécier tout de même, bien-sûr), vous construisez une barrière entre la réalité de ces jeunes et « l’insitution » culturelle au sens large, c’est à dire des jugements de valeur au dehors desquels ils se retrouvent situés.

Faire du lien

Ce que vous devez faire, c’est faire du lien. Pendant cette séance préparatoire à la sortie, vous pouvez leur demander de vous parler de cinéma, de ce qu’ils apprécient dans le cinéma. Attendez que l’un d’entre eux cite un film que vous pouvez situer, cherchez des éléments dans le film en question qui se raccrochent à votre sujet, en l’occurence Le cameraman de Buster Keaton. Ne proposez pas des relations tirées par les cheveux, suivez un chemin avec vos élèves, un chemin qui remonte le temps, de lien en lien, et qui va amener là où vous voulez les amener : 1928, année du film de Keaton. Nous allons voir maintenant comment tracer ce chemin avec vos élèves, comment ne pas vous y perdre.

Un chemin en commun avec les élèves

Quelques exemples, pour vous donner des pistes : The cameraman de Keaton est un film comique (pas seulement, mais c’est son trait principal), c’est même un film burlesque, mais c’est en soi déjà une notion compliquée. Donc, demandez à vos élèves les acteurs de films comiques qu’ils apprécient. Permettez-vous d’être surpris. Keaton est « l’homme qui ne rit jamais », petit enfant, il était homme canon dans un cirque, il faisait lui-même ses cascades, il prenait des risques inouïs (trouvez des photos sur internet), son corps est minuscule face aux éléments. Essayez de trouver, dans les exemples que vous citent vos élèves, des liens, ou des oppositions. On est toujours surpris, justement. Jamel Debbouze : c’est un handicapé, qui travaille sur le langage, la non maîtrise du langage. Michael Youn, outre le fait qu’il rit beaucoup, se débat aussi, comme un poisson affolé, dans un monde hostile. Jean Dujardin, dans Brice de Nice, s’accroche à son rêve. Bob l’éponge (dessin animé) a des moments très taciturne, un petit chapeau qui est en référence aux années 1920. Etc. Etc.

Surtout, ne faites pas de jugement de valeur sur les noms que vos élèves citent. Nous n’apprécions pas les mêmes choses, nous jugeons le goût des autres, car nous ne le connaissons pas. Souvenez-vous qu’Alfred Hitchcock, par exemple, avant d’être mis en valeur par l’équipe des Cahiers du cinéma, était considéré comme un « faiseur », un cinéaste commercial de bas étage, qu’on jugeait d’autant plus que ses films étaient des succès commerciaux avec des stars internationales. Aujourd’hui, on le considère comme un des plus grands cinéastes de l’histoire.

Comment me préparer pour cette séance avant la vision du film ?

Proscrivez absolument, j’insiste, absolument, une préparation chronologique de votre séance, c’est à dire un chemin que vous mêmes vous auriez tracé à priori. Surtout ne soyez pas scolaire, c’est la plus mauvaise manière d’enseigner, tous les psychologues en conviennent. Si vous faites cela, vous allez essayer d’être à l’écoute de vos élèves, mais puisque vous allez vous rattacher à votre plan chronologique, vous ne les emmènerez pas avec vous sur votre chemin. Un chemin, ça se fait ensemble. Ils n’ont pas à être spectateur de votre chemin personnel, vous avez tous ensemble à être acteurs d’un chemin en commun.

Donc, comment préparer cette séance concrètement ?

C’est très simple,
- suivez votre désir,
- faites des recherches sur internet,
- parlez avec vos collègues et amis.
- Sortez cet exercice de votre travail habituel,
- inscrivez un nouveau centre d’interêt pendant les quelques semaines ou quelques jours qui précédent la séance,
- et surtout, ne cherchez pas des réponses toutes faites, posez vous des questions.
- Il est impossible d’avoir réponse à tout,
- allez de question en question,
- approfondissez dans un sens absolument subjectif.
- Proscrivez tout désir d’exhaustivité,
- soyez subjectif et uniquement subjectif ;
- ce qui ne vous intéresse pas, laissez de côté,
- n’allez que vers ce qui vous questionne vous, vraiment vous.

Le sujet, ce qu’on peut transmettre est ce dont on n’a pas la réponse, le sujet sur lequel on n’aura jamais de réponse toute faite.

- Donc, notez vos questions sur une feuille de papier, en vrac, faites une mindmap (vous pouvez le faire à la main. Pour des détails sur les mindmaps, lisez cet article),
- soyez inorganisé,
- ne soyez jamais rigoureux,
- soyez libres avec votre désir.

Ne faites rien d’autre que cela.
- Surtout, ne vous focalisez pas sur le texte,
- imprimez des photos trouvées sur internet,
- prenez les cassettes vidéo ou DVD de vos films préférés,
- cherchez des objets chez vous ou chez les autres en relation avec le cinéma,
- invitez le responsable de la salle référente au café, et discutez avec lui du film et de son désir à lui de cinéma. Parlez à vos élèves aussi, si vous en avez le désir.

- Vous pouvez prendre des notes et les emmener avec vous si ça vous rassure, mais ne rédigez rien. Plus elles seront désordonnées, mieux ce sera.

La séance de préparation de la projection du film, avec les élèves

- Apportez vos éléments, photos, vidéos, notes en vrac.
- Surtout, surtout, ne préparez pas non plus de plan de projection.
- Ayez du matériau, avec vous et en vous, mais soyez libre de toute structure à priori.
- Votre but maintenant est de parcourir, dans l’échange avec les élèves, un chemin, dont vous supposez l’issue, mais dont vous ne supposez absolument pas les routes, les détours et les haltes.
- Faites en sorte que vos élèves s’expriment sur leurs désirs, soyez absolument attentif, et à partir de ce qui va venir d’eux, accrochez-y ce qui vous intéresse, des choses que vous venez de découvrir ou des choses qui sont en vous. Cherchez des liens entre votre champ culturel et le leur. Ils peuvent paraître improbables de prime abord, et en effet il y a des barrières. Mais quand on démonte les barrières, le lien devient naturel.

La direction du chemin, et l’enjeu de la séance

Voici ma suggestion principale en termes de contenu. Elle est toute subjective et correspond à mon approche personnelle, vous pouvez tout à fait en avoir une autre radicalement différente. Mais voici la mienne :

La direction du chemin, pour moi, est la compréhension des raisons qui font que ce film est en noir et blanc, muet, avec des intertitres.

Si, en amont de la projection, les élèves savent qu’ils vont voir un film qui réunit ces traits stylistiques très forts, qu’ils comprennent pourquoi, techniquement, historiquement, ils seront prêts à recevoir un film qui diffère radicalement de leurs habitudes.

Les éléments à dévoiler sur le chemin avec eux :
- Références entre acteurs et personnages comiques.
- Différence entre le réalisateur et l’acteur. Que fait un réalisateur ? Pourquoi il est important ?
- La notion de plan.
- L’histoire technique du cinéma.
- L’invention du cinéma.
- Avant le cinéma, la photographie noir et blanc.
- L’évolution du noir et blanc vers la couleur.
- Le cinéma n’a pas tout de suite été sonore, l’évolution des techniques du son.
- Les intertitres, car s’il n’y a pas de son, il faut bien des mots pour comprendre l’histoire. Questionner cela, d’ailleurs, il y a aussi des films muets sans intertitres.
- Combien d’images par seconde au cinéma.
- La pellicule cinématographique.
- Comment marche une caméra (la caméra est vraiment un personnage du film, c’est un film idéal pour aborder l’histoire des techniques du cinéma).
- Des extraits d’autres films muets, de Keaton ou d’autres.

Méthode de travail concrète

Chacune de ces notions peut demander des recherches approfondies, mais faites des recherches simples. Ces notions peuvent tout à fait rester des questions pour vous.

Utilisez internet, faites des recherches dans Google Images sur ces mots et notions que vous ai mis plus haut, imprimez des images et articles (trop), puis apportez les en classe.

Si vous avez des photos, par exemple, de la première caméra Lumière et que vous ne comprenez pas comment ça marche, c’est absolument parfait, apportez cette photo, regardez là avec vos élèves, et essayez de comprendre ensemble comment ça marchait. Sachez que les caméras modernes marchent exactement de la même façon. Ce qui aura été découvert en commun, par une démarche de recherche commune, aura d’une part suscité l’intérêt et la motivation, et d’autre part sera mémorisé pour toujours, gravé en chacun, en vous et en eux. Alors que si vous aviez vous-même expliqué à un auditoire quelque chose de déjà « digéré », « intégré », par vous même, il n’y a plus le travail de la découverte, les approximations, les questionnements, et donc pas de liens intimes entre cette informations et tout un réseau d’autres questions personnelles. Voilà pourquoi il est bien plus riche, au niveau pédagogique, d’avoir des questions à soumettre plutôt que des réponses à donner.

Synthèse à propos de l’enjeu

L’enjeu d’une séance de préparation avant la sortie au cinéma est de faire que ce film qu’ils vont voir, même si vous n’en avez que très peu parlé, ne sera plus un objet aussi étranger pour eux qu’il aurait pu l’être sans préparatifs, découverte en commun du contexte, et sans désirs partagés. Surtout, n’en montrez pas d’extraits avant, vous trahiriez le désir de la découverte, intrinsèque au plaisir que l’on prend au cinéma.

La projection du film

Mettez-vous d’accord avec votre partenaire culturel pour que les élèves puissent visiter la cabine de projection. C’est tout simple, c’est du plaisir partagé par le personnel du cinéma, toujours heureux de faire découvrir sa machinerie. Et en même temps, c’est vraiment fondateur, très important, à plus forte raison encore pour aller voir The cameraman de Buster Keaton. Cela me paraît même indispensable avant d’aller voir ce film, sinon toutes les scènes de la fin du film risquent de ne pas être comprises.

Une mine d’informations et d’iconographies à propos de The cameraman de Buster Keaton

Ma méthodologie se situe au niveau de la démarche pédagogique d’approche du film. Si vous souhaitez approfondir, vous trouverez un grand nombre d’informations très précises sur The cameraman sur le site www.le-cameraman.com, un site de Philippe Roussel, qui est le résultat d’un mémoire. Vous y trouverez des analyses plan par plan, beaucoup d’images, des références bibliographiques, etc. Philippe Roussel a lui aussi animé en 2005 un stage pour les enseignants à propos du film The cameraman.

Partages d’expériences

Si vous souhaitez mettre en partages des expériences à ce sujet, cliquez sur « Répondre à cet article ».

Le 30 mars 2006 par Benoît Labourdette.
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Ressources sur internet pour la pédagogie de l’audiovisuel

-  www.lexception.org. Groupe de réflexion sur le cinéma, autour de Jean-Marc Vernier, directeur adjoint des études de la Fémis. Axe sociologique.
-  Académie de Créteil. Le travail mené par Monique Radochévitch est très précieux. Le site mène à des informations concrètes et utiles.
-  Blog Zéro de Conduite. « L’actualité éducative du cinéma ».
-  Le quai des images. Académie de Nancy. Ressources très intéressantes, analyses, etc.
-  Spinoo, le moteur de recherche de l’éducation.
-  Centre National de Documentation Pédagogique.

Le 14 janvier 2006 par Benoît Labourdette.
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Ateliers pédagogiques pour enseignants et/ou élèves

Nous proposons des ateliers pédagogiques

- Ateliers cinéma (réalisation, scénario, montage).

- Ateliers multimédia.

- Tout atelier ayant trait à la création.

Vous

Enseignants, structures scolaires, associatives, festivals…

Notre point fort

Un vrai travail en amont de construction d’une méthode pédagogique en synergie avec vos objectifs. Une grande compétence professionnelle alliée à un travail approfondi sur la pédagogie.

Nos intervenants

Pour le cinéma, Benoît Labourdette. Pour la photographie, Mathieu De France. …

Références

2004 Lycée La Source (92) Classe de première option cinéma. Animation tout au long de l’année 2003/2004 d’un atelier scénario. Atelier adapté au programme de l’éducation nationale. Objectif : Donner aux élèves la maîtrise des techniques d’écriture et de découpage, de sorte que chacun produise un scénario « professionnel » en fin d’année. Animateur : Benoît Labourdette, réalisateur.

Festival de films de femmes de Créteil (94) Classe de 4è. Animation d’un atelier réalisation sur trois jours. Objectif : Réaliser un court-métrage de A à Z. Découvrir et pratiquer les métiers du cinéma. Démystifier les images. Animateur : Benoît Labourdette, réalisateur.

Lien au site internet du Festival de films de femmes de Créteil.

Option cinéma Lycée de Franconville : 2004-2005-2006.

Ateliers pédagogiques pour enseignants et élèves dans le cadre du dispositif Lycéens au cinéma, ACRIF 2004-2005.

Animation d’un stage de montage pour enseignants de cinéma et audiovisuel, Académie de Nantes, 2005.

Lien vers toutes nos références (Ateliers tournages, critiques de films, ressources pédagogiques…)

Le 27 octobre 2005 par Benoît Labourdette.
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« Le caméraman » de Buster Keaton

Des enseignants de collège de Seine et Marne, dans le cadre du dispositif « Collège au cinéma », vont emmener leurs élèves voir le film « Le caméraman » de Buster Keaton. Benoît Labourdette intervient pour préparer les enseignants à emmener leurs élèves voir ce film.

Le 28 septembre à la Ferme du Buisson (77), et le 1er octobre au cinéma de Montereau-Fault (77), des enseignants de collège viennent voir le film « Le caméraman », de Buster Keaton.

Avant la projection, je leur demande de prendre des notes pendant le film, pour déjà repérer les éléments dans le film qui leurs semblent sujet à être introduits pour leurs élèves.

Mon approche est : comment préparer les élèves à voir ce film. Un film en noir et blanc, muet, de 1928, avec des intertitres. Un film magnifique, oui. Mais qui sort tellement des habitudes de réception des élèves qu’il doit être préparé.


Ci-après, quelques uns des thèmes abordés :

Un film en noir et blanc

Pourquoi ce film est en noir et blanc ? C’est la première question que les élèves vont, à juste titre, se poser. Tout le monde, et nous aussi, zappons à la télévision dès qu’il y a du noir et blanc. Afin que cela ne soit pas une déception, il faut raconter une brève histoire technique du cinéma. Ainsi, on pourra situer le film et sa valeur.

Un film muet

Pourquoi ce film est-il muet ? Pourquoi y a-t-il des intertitres ? Comment répondre à cette question autrement qu’en racontant l’histoire des techniques du cinéma. C’est important, car si on ne le comprend pas, on vit le manque de parole comme une déception.

Qui est Buster Keaton ?

L’homme qui ne rit jamais. Situer aussi son histoire, de l’homme canon dans un cirque étant enfant au travail sur le « slapstick ».

Une histoire technique du cinéma

« Le caméraman » a deux acteurs principaux : Buster Keaton et la caméra. C’est une mise en abyme du cinéma. Il est donc plus que propice, à travers ce film, et aussi pour que le noir et blanc et le muet ne soient plus des barrières, de raconter, ou plutôt de redécouvrir ensemble l’histoire des techniques du cinéma. Et aussi de montrer d’autres films muets avant d’emmener les élèves à la projection.

Liens sur Buster Keaton

Sense of cinema : bonne biographie, bonne filmographie (anglais).

Le 16 octobre 2005 par Benoît Labourdette.
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