"Sotchi 255" de Jean-Claude Taki reçoit le Prix Georges de Beauregard National au FID Marseille 2010

"Sotchi 255" (2010, 115 minutes) est un long métrage documentaire réalisé par Jean-Claude Taki. Ce film est tourné avec des téléphones portables, en Russie et en France. Il a la forme d’une enquête, et cet objet qu’on a dans la poche partout avec soi, cet objet de l’intime, est le seul qui a rendu possible cette démarche d’exploration intime.

Jean-Claude Taki est cinéaste, musicien, ingénieur du son, romancier... En 2005, je lui ai proposé de participer à l’aventure "Pocket Films" au Forum des images, en lui prêtant un téléphone portable - caméra avec cette consigne : "Fais ce que tu veux".

La rencontre avec cet objet fut pour lui un tournant important. Depuis lors, il n’a plus utilisé que cette "non caméra" comme caméra, le cinéma devenant en quelque sorte l’un de ses espaces d’écriture. En 2005, son film "L’homme qui aimait les fleurs" a reçu le Prix du public du Festival Pocket Films. En 2006, "Le cahier froid" a reçu le Grand Prix du Jury du Festival Pocket Films (alors présidé par Claude Miller). Il a aussi tourné "La martienne" en 2005, ainsi que "Si tu ignores le nom des choses" pour l’Arpel Aquitaine en 2007, ou "Greek Salad" (pour les 40 ans du GREC) en 2010.

Et, finalement, en 2010, il termine "Sotchi 255", son deuxième long métrage (mais premier tourné avec téléphone portable). Le Festival Pocket Films a présenté ce film en juin 2010, ainsi qu’une rétrospective de ses courts métrages et une de ses installations. Ces projections ont eu lieu en avant première de la projection de "Sotchi 255" au Festival International du Documentaire de Marseille, en juillet 2010, où il a reçu le Prix Georges de Beauregard National.

Ces nouvelles façons de travailler permettent d’aborder de nouveaux sujets, et de toucher le public autrement, avec une grande vérité de ton.

Voici une citation très juste sur ce film (le texte de présentation de "Sotchi 255" par le Délégué Général du FID de Marseille) :

En août 2006, à Sotchi, station balnéaire en Russie, une tempête emporte une cinquantaine de personnes. Parmi elles, une belle jeune femme, Irina. Guillaume, son ancien compagnon, parti enquêter sur ses traces, disparaît sans donner de nouvelles, abandonnant quelques indices, ses dessins et son journal, dans la chambre 255 de l’hôtel Primorskaïa. À leur suite, le narrateur cinéaste se rend sur place. Le récit avance à tâtons, fabriqué de rencontres au gré de son avancée. Il emprunte son rythme aux chroniques de voyage autant qu’aux langueurs de certains films noirs, dont il n’est jamais sûr que l’intrigue soit le véritable moteur.

Histoire d’amour, d’amitié ? Portrait d’une femme, puis d’une autre ? Enquête sur un secret d’État ? Description morcelée de la Russie contemporaine ? C’est tout cela en même temps, mélangé dans ce qui s’offre avant tout comme une matière sensible, sensuelle, cinématographique. Si Jean-Claude Taki est l’auteur de plusieurs films brefs, tournés avec un téléphone portable, il s’est aventuré ici, avec le même modeste outil, sur un chantier de plus longue haleine. Bien lui en a pris, la qualité hésitante d’une telle image devient son alliée. Son flottement, son épaisseur traduisent au plus juste la mélancolie de ce voyageur, dont on n’entendra seulement que la voix en off, c’est-à-dire hors du cadre, ailleurs à jamais.

Jean-Pierre Rehm

Galerie photo

Séances Jean-Claude Taki Pocket Films 2010
Le 13 juillet 2010 par Benoît Labourdette.



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