DVD haute définition
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Chiffres de vente réels des disques Blu-ray en 2008
Selon l’agence Future Source Consulting, les ventes de Blu-ray discs (c’est à dire des films édités en Blu-ray disc) en 2008 se sont élevées à 24 millions d’unités. Cela représente une augmentation de 320% par rapport à l’année 2007, qui semble impressionnante. Mais les éditeurs ont mis sur les rayons 200 millions de Blu-ray discs. C’est à peine 15% de ventes.
Pas facile…
Il faut dire que fabriquer un Blu-ray disc coûte tellement cher (cf. le mode d’emploi du pressage Blu-ray), que les petits éditeurs, ceux qui ne font pas les plus gros chiffres de ventes, mais ceux qui font la vitalité et la pérennité d’un secteur, ne peuvent pour le moment pas se permettre d’éditer des Blu-ray discs.
Sony, Panasonic et Philips ont décidé de revoir à la baisse le montant de leur royalties, afin de rendre les coûts de fabrication plus acessibles. Il était temps ! Peut-être déjà trop tard… l’avenir le dira.
Le Blu-ray disc s’impose-t-il doucement ?
Si l’on compare l’évolution du marché du Blu-ray disc depuis son lancement à l’évolution du marché du DVD video à la même étape, trois ans après son lancement, il s’est vendu deux fois plus de lecteurs Blu-ray que de lecteurs DVD video à l’époque (c’était il y a à peine plus de dix ans). Ainsi, l’association Blu-ray partners, qui rassemble, en France, les industriels et éditeurs oeuvrant dans le domaine du Blu-ray, se félicite de cette comparaison et prédit 58% du marché de l’édition vidéo pour le Blu-ray disc en 2011.
En effet, on pourrait espérer un tel raz-de-marée, qui, en théorie, permettrait, comme cela s’est passé avec le passage de la VHS au DVD, de re-vendre aux consommateurs une deuxième fois les films qu’ils ont déjà sur l’ancien support, donc de faire beaucoup de profit.
Mais, comparer terme à terme les chiffres du nombre de lecteurs vendus en comparant avec le nombre de lecteurs DVD est une façon de faire parler les chiffres un peu particulière, qui compare des choses pas vraiment comparables. En effet :
| Blu-ray disc en 2009 | DVD video en 1999 |
|---|---|
| Un lecteur Blu-ray disc est capable de lire les DVD video. | Un lecteur DVD video ne pouvait pas lire les VHS. |
| Sur 3 millions de lecteurs Blu-ray disc vendus en France, 2 millions sont des consoles de jeu PS3, et un demi million sont des lecteurs dans les ordinateurs. | A l’époque du DVD, les ordinateurs étaient beaucoup moins multimédia qu’aujourd’hui, donc la majorité des lecteurs DVD vendus étaient des lecteurs de salon conçus uniquement pour la vidéo. |
| Le Blu-ray disc a pour concurrents la VOD, le téléchargement, la vidéo sur internet, le « vieux » DVD et, frontalement, les cartes mémoires (qui sont amenées, semble-t-il, à devoir remplacer les supports optiques). | Le DVD video n’avait pour concurrent que la VHS à laquelle il proposait une alternative. |
On voit que le Blu-ray disc apparaît dans un secteur industriel radicalement différent de ce qu’il était à l’apparition du DVD.
Je pense que le Blu-ray disc va se faire une place, tout doucement. C’est devenu un support parmi d’autres, mais il ne sera jamais hégémonique. La force d’un lecteur Blu-ray est de pouvoir lire les anciens DVD, donc le changement se fait « en douceur ». Est-ce que les lecteurs Blu-ray vont remplacer tous les lecteurs DVD avant que les lecteurs Blu-ray eux-mêmes soient devenus obsolètes ? Sans doute pas.
Le Blu-ray est, assurément, un format avec lequel il faut compter, qui offre une excellente qualité, que ce soit pour l’édition vidéo, le home cinema ou même, pourquoi pas, la vidéoprojection en salle (pour des oeuvres documentaires, des films d’artistes). Mais le marché spécifique à ce support, quoi qu’en disent les associés de Blu-ray partners, ne remplacera jamais terme à terme le marché du DVD, comme le DVD l’avait fait en son temps pour la VHS. Le marché de la vidéo restera certainement segmenté à plusieurs supports, ce qui n’est pas simple pour le consommateur…
Sauf si le support devient la carte mémoire, sur laquelle on peut mettre le format que l’on désire : qualité DVD, qualité Blu-ray, qualité internet… tout est possible sur une carte mémoire, qui n’est pas un format normalisé comme un disque Blu-ray ou un DVD video, mais juste un support de stockage. Par contre, on sait qu’un Blu-ray disc sera lu dans son lecteur de salon, on sait qu’on DVD video sera lu dans son lecteur de salon, alors qu’avec un film sur une carte mémoire, on n’est jamais sûr, en fonction du format, qu’il sera compatible avec son ordinateur, ou son lecteur… (et cela a été la grande force du DVD video en son temps que de proposer une norme unifiée, qui garantissait la bonne lecture des DVD, quel que soit le lecteur, quel que soit le DVD, cette normalisation technique a construit son succès).
Sauf si les logiciels de lecture vidéo deviennent vraiment universels, ou si un autre format, le Divx par exemple, prenait le pas sur tous les autres.
Et si le Divx, format du « piratage », inventé par le français Jérôme Rota, petite société qui n’emploie que 150 personnes aujourd’hui, mais format peut-être le plus utilisé au monde pour lire de la vidéo, qui a sa version HD depuis longtemps déjà, qui a maintenant un système d’interactivité, de menus… et si le Divx était le format de diffusion vidéo de demain, qui s’imposerait face aux grands consortiums membres de Blu-ray partners ?
Il faut dire que des lecteurs de salon officiellement estampillés Divx, il s’en est vendu non pas 3 millions, mais 100 millions ! (y compris la console de jeu PS3 qui peut lire des Blu-ray disc, mais qui peut aussi officiellement lire les fichiers Divx…)
Toshiba contre-attaque : l’avenir du DVD Haute Définition ?
Toshiba, qui avait dû abandonner en février 2008 le format HD-DVD, car l’éditeur Warner avait décidé d’abandonner ce support au profit de son concurrent Blu-ray disc (Sony), fourbit ses armes pour proposer une nouvelle alternative.
La mort injuste du format HD-DVD
Quelle était la différence entre le blu-ray disc et le HD-DVD ? Tout d’abord, ils étaient tous deux des DVD au format haute définition. La différence, c’est que le HD-DVD était l’évolution naturelle du DVD standard, alors que le blu-ray disc était un nouveau format. L’autre différence, c’est que le HD-DVD pouvait être fabriqué pour des coûts relativement modestes, assez proches des coûts du DVD standard, alors que le blu-ray disc, que ce soit en nouveaux logiciels ou en procédures de pressage, revient au bas mot cinq fois plus cher, techniquement parlant, pour sa fabrication, qu’un DVD standard.
L’évolution accélérée des capacités des supports de stockage
Le HD-DVD pouvait contenir 30Go de données, alors que le blu-ray disc peut contenir 50Go (le DVD standard contient 9Go). Sur ce point, le blu-ray disc était supérieur au HD-DVD. Mais, et ce de façon sans doute plus rapide qu’on l’imagine, les capacité de stockage des supports optiques vont augmenter dans des proportions qui n’ont rien à voir : 1000Go, voire 5000Go.
La culture japonaise
Les investissements pour le développement du HD-DVD, qui ont couté des milliards de dollars, ne pouvaient pas être réduits à néant par la simple décision de Warner. Toshiba est une entreprise japonaise, et avait un « Plan B », car il n’est pas possible de perdre la face.
Le Plan B
Le plan de Toshiba est simplement de proposer des lecteurs de DVD capables de lire à la fois les DVD standards et des DVD « standards-HD », c’st à dire des DVD conçus avec les mêmes outils et les mêmes procédures que les DVD standards, sauf que la vidéo est en Haute Définition. Cela paraît évident, tant c’est simple. Mais la norme du DVD standard ne permet pas de mettre de la vidéo au format HD, mais seulement au format standard (SD). Ainsi, l’astuce de Toshiba, au lieu de proposer un nouveau format, est simplement « d’ouvrir » le format DVD existant à la taille d’image HD, et de lui permettre d’être sur de nouveaux supports de plus grande capacité.
Petits éditeurs vs multinationales
Pourquoi ce projet, qui semble un peu tordu, n’est pas si bête, et est peut-être porteur d’avenir ? Le problème du blu-ray, c’est qu’il est exclusivement réservé aux grands studios hollywoodiens. Aucun petit éditeur ne peut, économiquement parlant, fabriquer des disques blu-ray de ses films : le prix de revient est tellement cher et le marché est tellement petit que cela n’a pas d’équilibre économique. Alors, on pourrait dire que lorsque le blu-ray se sera imposé le marché sera là. Mais le blu-ray ne pourra sans doute pas s’imposer autant que l’a fait en son temps le DVD standard. En effet, à l’époque du DVD standard, il n’y avait qu’un seul support de « home video », le VHS. Alors qu’aujourd’hui, entre les disques durs multimédia, le divx, les baladeurs multimédia, la VOD, etc, les films sont déjà sur des supports multiples. Le blu-ray ne peut pas remplacer tout cela à lui tout seul. Il n’est qu’un élément dans un ensemble.
Ainsi, un support peu cher à produire, selon les mêmes techniques que le DVD standard, dont les lecteurs aussi seraient beaucoup moins cher que les lecteurs blu-ray, pourrait être une possibilité pour tous les petits éditeurs, un accès concret à la HD pour l’édition matérialisée.
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