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Quel pourrait être le modèle économique de la TMP en France ?


A l’heure où les investissements publicitaires se réorganisent sur des modalités de très forte contextualisation (publicités ciblées très précisément, grâce à leur mise en relation avec des contenus sur internet), la TMP (Télévision Mobile Personnelle) peine à mettre au point son modèle économique. Début 2009, les infrastructures techniques permettant de diffuser la TMP vers les téléphones n’existent pas encore. Les téléphones adaptés non plus, bien-sûr, et les contenus des chaînes choisies par le CSA encore moins.

Les infrastructures

Pour le moment, aucun opérateur, ni public ni privé, ne veut payer les investissements pour les infrastructures lourdes qui sont indispensables pour diffuser la TMP. Sans infrastructures, aucun usage ne sera possible, il faut bien commencer par prendre un "risque". Mais, pour prendre un risque, il faut avoir l’espoir de rentrer dans ses frais. Pour un opérateur de téléphonie mobile, par exemple, dans la mesure où la TMP est un signal "Broadcast", il est impossible de facturer à la minute. Donc, la seule solution serait la location de ces infrastructures. Mais le risque est énorme puisque nul ne peut prédire l’adhésion potentielle des consommateurs.

Les revenus

Pour le moment, les seuls revenus envisagés pour la TMP proviendraient de la publicité. Mais une publicité à heure fixe (la TMP n’est pas comme internet, c’est de la télévision classique, sauf qu’elle peut être captée en mouvement), cela intéresse de moins en moins les annonceurs. En effet, elle sera moins ciblée que sur internet. Et par ailleurs, vu les besoins de financement de la TMP, avec un nombre d’utilisateurs qui partira de zéro, les tarifs pour les annonceurs seraient certainement très élevés au départ, par rapport à son efficacité potentielle. Les annonceurs n’ont pas envie d’être les investisseurs de la TMP.

Les usages

En France, on change de téléphone en moyenne tous les deux ans (contre tous les six mois au Japon). Pour pouvoir capter la TMP, il faut acheter un téléphone spécifique. Donc, d’une part on ne sait pas si les programmes vont intéresser les gens, et on sait d’autre part que les spectateurs de la TMP vont arriver au compte-goutte. Donc, même en cas de plein succès de l’opération, il y aurait au moins 3 ans forcément déficitaires. Ce qui veut dire des investissements colossaux avec un retour beaucoup plus tard, ce qui n’est pas du tout une logique d’annonceur.

En Corée du Sud et au Japon ?

Cette question du développement potentiel de la TMP intéresse l’Etat français, puisque Mme Nathalie Kosciusko-Morizet (secrétaire d’Etat à l’Economie numérique) s’est rendue en voyage d’étude sur le sujet début 2009, en Corée du Sud et au Japon, où la TMP est fortement développée déjà depuis plusieurs années. Elle doit rendre ses conclusions d’ici la fin mars 2009, mais pour le moment, elle n’est pas vraiment positive. Extraits choisis : "Vue de France, la télévision mobile personnelle (TMP) est un formidable succès au Japon comme en Corée du Sud, puisqu’elle y est déployée massivement, mais sur le terrain, c’est moins évident car on ne peut pas parler de réussite industrielle". "A ce stade, la TMP est une particularité des Japonais et sud-Coréens, mais je trouve que le modèle économique se cherche". "Je ne reviendrai donc pas en France avec une solution clef en mains". "Coréens, Japonais et Français, nous partageons un problème qui est celui de la multiplication des canaux de diffusion (TV, PC, téléphones portables, etc.), sans qu’on multiplie les contenus". "Il faut cependant un modèle économique viable pour être en mesure de produire des contenus".

Idées et propositions

Rappelons-nous comment la télévision hertzienne s’est construite en France : la fabrication des infrastructures (antennes relais, émetteurs) a été mise en place par l’Etat, à l’époque où la télévision n’était que publique. Ces investissement massifs, à l’époque où le concept même de publicité télévisuelle n’existait pas encore, étaient faits dans une idée de service public : divertir et instruire la population française, ce à quoi étaient utilisés les impôts. Sur le support de ces infrastructures, bien plus tard, on a construit des chaînes privées.

Aujourd’hui, l’idée de mise en place de la TMP n’est pas du tout la même : le privé est censé financer l’ensemble du système, infrastructures comprises. Et on voit bien que c’est tout à fait inopérant.

C’est le signe, évident, que ce qui préside, au fond, au développement des médias de masse (ce qui est le cas de la TMP, contrairement à l’internet), n’est pas la logique commerciale. La logique commerciale est une "couche" de profits, qui s’est surajoutée sur une structure, une colonne vertébrale, née de l’idée de service public.

Mettre en place un système de diffusion broadcast, ce qui est un grand pouvoir, une grande responsabilité, en l’appuyant uniquement sur des investissements privés, relève donc du mythe. Du coup, tout le monde se retrouve pris dans des études, des réflexions, des points de vue où plus rien n’a de sens. Car la seule finalité qu’on y cherche est celle du profit financier. On sait bien que le profit financier ne produit rien pour lui-même. On en a vu récemment les résultats désastreux avec le développement de la crise financière...

Le CSA lui-même, en faisant une sorte "d’appel d’offres" a peut-être, dès l’origine, mal évalué le contexte d’existence d’une télévision en mobilité.

Si un système de diffusion hertzienne numérique broadcast mobile doit être déployé en France, ce n’est pas en attendant que la publicité le finance, c’est en ayant une idée politique, c’est à dire citoyenne, qui le sous-tende. Si ce n’est pas le cas, cela ne pourra sans doute jamais exister.

Un nouveau mode de diffusion broadcast est donc envisageable, techniquement parlant. Alors que peut-on en faire ? Faut-il, d’ailleurs, en faire quelque chose ?

Je pense qu’il y aurait des possibilités : du fait de l’internet, de la téléphonie mobile, de la vie de plus en plus citadine, il y a une fragmentation de la vie, du quotidien, une individualisation de toutes choses, dont le téléphone est le premier signe et dont l’internet est le principal outil : chacun fait un chemin unique, "on demand". Dans ce contexte, un système de diffusion broadcast semble tout à fait passéiste. Mais, ce système, qui implique un rassemblement collectif (même si chacun est chez soi, ou en l’occurence, devant son téléphone) à des heures fixes, pourrait ouvrir certaines portes pour refabriquer du collectif dans cette société fragmentée. Le concept même de chaîne de télévision devrait être repensé. On pourrait inventer des sortes de "flashmobs" sur mobile, via la TMP, ou des chaînes évènementielles, qui auraient une durée de vie limitée, et qui ensuite seraient remplacées par d’autres, par exemple, pendant un grand salon, ou une grande exposition, ou pendant qu’un pays est invité en France, ou pendant une compétition sportive.

Il n’y a que l’Etat, avec une politique éditoriale souple et innovante dans le concept, qui pourrait gérer un tel espace de diffusion. Je pense qu’il y aurait, pour le Groupe France Télévisions, de véritables pistes à saisir. La télévision, telle qu’on la pensait encore il y a cinq ans, est morte. Les chaînes essaient de se diversifier dans l’internet pour leur survie, elles ont raison. Mais, à mon sens, il y a encore, de la part des télé-spectateurs, du désir pour des moments de rassemblement populaires. Et la TMP n’est pas, comme l’est l’internet pour les chaînes actuelles, une "opportunité" supplémentaire, on le voit bien. La TMP, c’est un nouvel espace à inventer.

La Télévision Mobile Personnelle, donc, ce n’est pas décliner des programmes télévisuels de conception ancienne vers un nouveau marché, qui de toutes façons n’existera jamais, non, la Télévision Mobile Personnelle, c’est une occasion pour la puissance publique de saisir un nouveau moyen potentiel de création de lien social à travers le divertissement et l’instruction. Reprendre les fondamentaux d’un système qui a fait ses preuves, mais qui doit être complètement repensé dans ses formes et ses contenus.

Le 21 février 2009 par Benoît Labourdette.
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Qu’est-ce que la TMP ?


La TMP ? Ces trois lettres semblent assez mystérieuses aujourd’hui.

Et pourtant, dans deux ans, ce sera notre quotidien, et c’est, peut-être l’avenir de la télévision.

TMP signifie "Télévision Mobile Personnelle". Mais qu’est-ce que cela veut dire ? On peut, dès à présent, regarder des chaînes de télévision sur son téléphone mobile. Alors pourquoi nous assomer avec de nouveaux termes techniques ?

Aujourd’hui, lorsque l’on regarde la télévision sur téléphone mobile, c’est exactement le même principe technique que lorsque l’on regarde un film sur internet : ce sont des données numériques, envoyées à nous, directement et personnellement, au moment où on le veut. On peut démarrer le film quand on veut, le mettre en pause quand on veut. C’est ce qu’on appelle une diffusion unicast, c’est à dire personnalisée pour une seule personne. C’est parfait pour internet. Ca marche plutôt bien aussi sur les téléphones mobiles, mais il y a une différence : sur les téléphones mobiles, la minute de connexion est payante ! Ce qui limite forcément l’appétit d’images des consommateurs ! Et par ailleurs, si un peu de monde regardait en même temps la télévision sur son mobile dans la même zone, le réseau cellulaire serait immédiatement saturé.

La TMP est une diffusion télévisuelle classique, par voie hertzienne. C’est, en réalité, la version mobile de la TNT (Télévision Numérique Terrestre). Cela veut dire qu’elle fonctionne toujours même lorsqu’on est en train de bouger (ce qui ne marche pas pour la TNT). C’est techniquement assez complexe à mettre en oeuvre. Il s’agit alors d’une diffusion "broadcast" classique, comme la télévision. On choisit de regarder une chaîne, mais on ne choisit pas de démarrer ou d’arrêter le film quand on veut. Par contre, c’est gratuit (sauf chaînes cryptées du style de Canal +), la qualité est bien meilleure que la télévision sur mobile actuelle, et il peut y avoir autant de monde que l’on veut qui regarde, sans problème.

Le CSA a ouvert en novembre 2007 un appel à candidatures, pour attribuer les 13 fréquences de la TMP (en fait 16 en tout, trois étant attribuées aux chaînes publiques). Les candidats doivent déposer leur dossier au plus tard le 14 janvier 2008. Qui seront les heureux élus ? Réponse avant l’été 2008.

Le lancement de la TMP est théoriquement à l’été 2008. Mais il est bien probable, vu la complexité technique de mise en place du réseau, que ce sera plutôt fin 2008 qu’on pourra concrètement l’utiliser.

Le nom technique du réseau de la TMP est DVBH. Cette technologie, sous le nom T-DMB, est opérationnelle en Corée depuis bientôt trois ans, avec grand succès. La Corée est le pays le plus en avance dans le monde sur les usages technologiques.

Pour aller plus loin sur le sujet, je vous conseille cet excellent article sur le blog Télévision 2.0 et vidéo numérique : TMP : la télévision mobile planifiée.

Le 9 janvier 2008 par Benoît Labourdette.
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Services Mobiles, le blog sur l’actualité et les usages du marketing mobile


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Ce blog est mis à jour très régulièrement, et couvre de façon presque exhaustive l’actualité des informations à propos de la vidéo sur écrans mobiles.

Le 5 février 2006 par Benoît Labourdette.
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La diffusion de court-métrages sur écrans mobiles


Regarder des films en situation de mobilité

En 2006, il existe un certain nombre de moyens de "consommer" de la vidéo en situation de mobilité, c’est à dire ailleurs que sur sa télévision ou dans une salle de cinéma.

Les lieux de la mobilité pour la vidéo sont :

- L’ordinateur personnel : Il permet le téléchargement ou le visionnage en direct de vidéo à partir des sites de VOD (Video On Demand : on choisit une vidéo, on la paie, et on la voit). Il n’est pas mobile, mais il est lié à la mobilité, en ce qu’il va souvent être le moyen par lequel la vidéo arrive, et est transférée sur un appareil mobile.

- L’ordinateur portable : C’est le moins mobile de tous, mais il existe tout de même, et se miniaturise de plus en plus.

- L’agenda électronique : il peut embarquer de la vidéo téléchargée à partir d’un ordinateur, ou en télécharger lui-même s’il est doté d’une connexion internet.

- Le téléphone mobile 3G et/ou Edge : il peut recevoir des flux ou de la vidéo à la demande, principalement à partir des portails des opérateurs de téléphonie mobile. Bientôt, il pourra recevoir la TNT "mobile", nommée DVBH.

- Le baladeur vidéo : la marque la plus connue est Archos, c’est une sorte de baladeur/magnétoscope, doté d’un écran autonome, assez grand et de bonne qualité.

- La PSP : Playstation portable, de chez Sony. C’est une console de jeux portable, capable de lire de la vidéo, au moyen d’une sorte de DVD particulière. Il existe déjà un catalogue de films très conséquent.

- L’Ipod vidéo : Apple lance l’Ipod vidéo.

Les cinq approches techniques de la diffusion vidéo mobile

On peut distinguer, à mon sens, cinq approches techniques dans le domaine de la diffusion vidéo mobile :

- La VOD en streaming sur terminaux mobiles.

- Le flux vidéo en streaming.

- La vidéo embarquee ou podcastée.

- Le download en diffusion propriétaire DRM. 

- Le download viral.

La VOD en streaming sur terminaux mobiles

A partir d’un téléphone mobile 3G et/ou Edge, on accède au portail wap de son opérateur, dans lequel aujourd’hui il y a toujours une section vidéo. 0n y choisit, à la demande (VOD = Video On Demand), la vidéo que l’on veut regarder. Généralement des formats courts, il y a des infos, mises à jour régulièrement, des fictions, des documentaires, etc. conçus spécifiquement, dans leur durée et dans leurs formes, pour écrans mobiles.

Le flux vidéo en streaming

C’est par exemple les chaînes de télévision disponibles sur téléphone mobile. On ne choisit pas ce que l’on veut voir, on se connecte à un flux. Cela ne semble pas être, à priori, le point fort de la vidéo mobile, mais des statistiques disent que les gens consomment beaucoup de vidéo sur ce mode. D’autres statistiques disent le contraire... Il est probable que les statistiques disent un peu ce que leurs commanditaires ont envie d’entendre. Au demeurant, autant les chaînes hertziennes classiques paraissent inadaptées pour téléphone mobile (si par exemple, je me connecte, à 0,50€ la minute, pendant la pub, qui dure 4 minutes...), autant le développement de flux vidéo adaptées, dans leur rythmes, la durée de leurs programmes, leur habillage, leur propre façon de fixer des rendez-vous, peut paraître tout à fait pertinent.

La vidéo embarquée ou podcastée

C’est ce que tout un chacun peut faire avec son ordinateur, portable ou non, et son agenda électronique par exemple : je trouve sur internet un site qui propose des vidéos à télécharger (gratuites ou payantes), je les télécharge, et ensuite, je les copie où je veux, et, si je le souhaite, sur un appareil mobile. La réception de la vidéo ne s’est pas faite en situation de mobilité, par contre, sa réception, sa "consomation", se fait en mobilité.

Le podcasting est le même principe, un peu plus automatisé, c’est très émergent aujourd’hui : je choisis des thèmes qui m’intéressent, et je reçois de façon automatique les vidéos qui y correspondent, au moyen de sites qui font de "l’agrégation de contenus". Cela pourrait se développer aussi pour les téléphones mobiles, avec une technologie nommée "push to store" : je choisis les thèmes qui m’intéressent, et chaque nuit, automatiquement, se téléchargent dans mon téléphones les vidéos qui y correspondent, que je peux regarder librement le lendemain.

Le download en diffusion propriétaire DRM

Ce n’est pas aujourd’hui développé pour des situations de mobilités, mais cela pourrait le devenir : vous téléchargez un film crypté, et vous pouvez le voir sur votre ordinateur si vous achetez la clé de décryptage, valable 48h ou pour toujours, selon son prix. Une sorte de vidéoclub déporté. Les fournisseurs d’accès internet commencent à proposer ce service de vidéoclub à distance.

Le download viral

Il s’agit d’un film qu’on se transmet, qu’on s’envoie et se renvoie, qui peut faire le tour de la terre très vite. Il peut, bien-sûr, circuler et se transmettre sur des appareils de diffusion vidéo mobiles. A travers les blogs, une vidéo peut passer très vite sur le réseau internet, et atteindre les écrans mobiles. A travers le moblog (je tourne moi-même une vidéo avec mon téléphone mobile et je l’envoie vers un blog, sur lequel il se retrouve publié et disponible tout de suite), des vidéos, comme le mouvement de "happy slapping" en Angletterre, se diffusent très vite. Le Happy Slapping a défrayé la chronique en 2005 en Angleterre : des adolescents filmaient avec leur téléphone des violences faites dans la rue sur des gens, et diffusaient ces vidéos.

Les modèles économiques

Début 2006, les modèles économiques de la diffusion de vidéo en situations de mobilités ne sont pas fixés du tout, ils varient dans leur logique, les situations sont extrêmement différentes, extrêmement foisonnantes. L’opérateur de téléphonie mobile Orange achète des court-métrages un prix forfaitaire à la minute, quelle que soit la quantité de spectateurs, des sites de VOD proposent un partage des recettes en fonction du nombre de visionnages du film, etc.

En 2006, il n’y a pas encore de réelle rentabilité de la diffusion de vidéo pour la mobilité, à part pour les contenus sexy.

Le paysage économique qui semble se dessiner est extrêmement complexe et étoilé, vu les moyens et les voies innombrables de la diffusion de la vidéo en mobilité. Donc, il est difficile, pour des entreprises, des distributeurs, de trouver leur voie, car cela peut représenter beaucoup de travail, notamment au niveau technique et stratégique, pour au final des diffusions très peu rentables.

La place de la France

En ce qui concerne la consommation de vidéo sur téléphone mobile, la France, après la Corée et le Japon, est le troisième pays en terme de quantité de consommation de vidéo sur téléphone mobile.

Un espace pour le court-métrage ?

Le court-métrage a-t-il sa place dans ces nouveaux espaces de diffusion de la vidéo ? Le court-métrage semble avoir une place toute faite, car on imagine que le temps pendant lequel on regarde quelque chose sur un écran mobile est plus court que sur un écran fixe. Mais qu’est-ce qui va motiver le spectateur mobile ? Le plus souvent, c’est la notoriété du contenu qu’on lui propose qui va l’attirer. Pour le court-métrage, ce n’est pas très facile.

Le court-métrage n’est donc pas plus avantagé sur les écrans mobiles qu’ailleurs, mais il y a certainement des chemins à inventer pour lui donner une place peut-être plus importante là qu’ailleurs.

Un bon point pour les court-métrages sur les écrans mobiles

Selon une étude sur la consommation de vidéo chez l’opérateur Orange, le temps moyen de connexion à la vidéo à partir des téléphones mobile est de 1 minute. Par contre, le temps moyen de connexion à des court-métrages à partir de téléphone mobile est de 3 minutes.

Des contenus spécifiques pour la mobilité ?

Un court-métrage, outre sa durée courte, ne "passe" pas forcément très bien sur un petit écran mobile. Imaginons par exemple que visuellement il utilise beaucoup de plans larges... Faut-il construire des contenus spécifiques pour les écrans mobiles ? La question est ouverte, car certains écrans mobiles, comme la PSP (Playstation Portable Sony) ne sont pas si petits que cela, et supportent très bien, vu leur qualité et leur finesse, la diffusion de films de cinéma ; d’ailleurs la quantité de ventes de films pour PSP apporte la preuve que les long-métrages supportent très bien cet écran mobile.

Mais on peut imaginer que les écrans mobiles vont peut-être influencer la grammaire cinématographique, comme la télévision l’avait déjà fait avant.

Bref, que des questions. Des solutions opposées peuvent toutes se justifier.

Les spectateurs deviennent les producteurs

Télé Nantes propose à ses spectateurs des mini reportages réalisés par les habitants avec des téléphones mobiles qu’on leur a prêté, qu’ils envoient à la chaîne via le réseau de l’opérateur SFR. La ville de Rennes, sur son blog, accepte les moblogs vidéo, c’est à dire les vidéos envoyées directement à partir de téléphones mobiles, via le réseau SFR aussi. Canal + lance, avec l’opérateur Orange, la diffusion de "coups de gueule" des gens, qu’ils filment eux-mêmes avec leur téléphone mobile.

Il y a certainement un avenir aux vidéos directement produites par les gens, à la "minute de gloire" qu’elles peuvent provoquer.

La télévision déjà, avec la "real-TV", montre à ses spectateurs leur miroir, cela correspond à une demande. Il semble être dans un mouvement naturel que les gens eux-mêmes produisent une partie du contenu de la vidéo mobile.

Avec le Tsunami fin 2004 et les attentats de Londres en 2005, les images que nous avons vues furent les images de l’intérieur faites par les gens eux-mêmes. Un nouveau point de vue. Des agences de centralisation de ces nouvelles sources d’images se créent déjà.

Et pour le court-métrage ?

Il faut, à mon sens, inventer, inventer, inventer, de nouveaux moyens de diffuser ces oeuvres, qui peuvent être magnifiques, fortes, appréciées par les spectateurs. Comment les toucher ? Rien n’est fixé encore.

Le 3 février 2006 par Benoît Labourdette.
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