Le développement du numérique


Eléments de réflexion et d’information sur les enjeux du développement du numérique dans le domaine de la diffusion cinématographique et audiovisuelle.

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Le développement du numérique

Eléments de réflexion et d’information sur les enjeux du développement du numérique dans le domaine de la diffusion cinématographique et audiovisuelle.

Qu’est-ce que le cinéma à l’heure des écrans mobiles ? # Le lieu du cinéma # La tendance "fanedit" # La disparition programmée de la diffusion télévisuelle analogique # Le rapport Goudineau sur la projection numérique #

Qu’est-ce que le cinéma à l’heure des écrans mobiles ?


Le cinématographe, à son origine, n’était qu’un objet technologique sans usage, une curiosité foraine. Cet objet hybride, croisement entre la machine à coudre et l’appareil photo, était "sans avenir", aux dires mêmes de ses inventeurs, les frères Lumière, en 1895. Georges Méliès, un magicien, impressionné par l’invention, leur demanda d’acheter une caméra. Ils refusèrent. Il construisit donc lui-même sa propre caméra, et commença à raconter des histoires avec le cinématographe, à faire des effets spéciaux, avec le résultat que l’on sait aujourd’hui !

Qu’est-ce que le cinéma, à l’heure des écrans mobiles, des caméras partout et de youtube ? Où est le cinéma ? Où va le cinéma ?

Réflexion sur cinéma et technologie

Le cinéma est par essence lié aux innovations technologiques. Le désir d’aller dans une salle obscure vient de l’attrait pour des expériences exceptionnelles, quant au contenu, bien-sûr, mais aussi quant à l’expérience sensible que la technologie propose : au début l’image animée, extraordinaire mais muette, puis trente ans après le son synchrone, qui a tout changé, puis la couleur, puis l’écran large, puis le Dolby stéréo, et aujourd’hui le relief, qui se développe enfin.

La technologie est aussi présente de l’autre côté : les caméras, les magnétophones, toujours plus intimes, pour plus d’émotion, mais qui produisent aussi des problèmes éthiques, de droit à l’image par exemple, de plus en plus profonds.

L’évolution technologique fait vaciller le cinéma sur ses bases mêmes, et c’est très bien ! C’est sa vitalité, c’est son avenir, qui sont en jeu. Difficile de croire, et de dire aujourd’hui que le téléchargement de films en masse est en train de forger le futur du cinéma... C’est pourtant vrai. Comment se frayer son chemin, dans ce monde d’usages qui changent, où l’image joue un rôle différent pour chacun, où chacun devient actif dans la production des images ? Comment inventer le cinéma de demain ?

L’économie

Comment construire une économie, c’est à dire une activité professionnelle, donc de qualité, au sein de tous ces nouveaux usages qui semblent prôner la gratuité ? En imaginant des propositions nouvelles, des modèles nouveaux. Il faut inventer de nouvelles façons de "gagner de l’argent", ne pas se cantonner aux anciennes manières qui, clairement, fonctionnent de moins en moins. Pour ce faire, il faut faire des propositions nouvelles au public. Il y en a, mais encore trop peu.

Un exemple : le téléchargement massif de films en fichiers divx ? Y a-t-il, en 2009, une offre commerciale intéressante ? Non. Il n’y a quasiment rien. Par contre, tout lecteur de DVD ou de Blu-ray acheté, tout disque dur multimédia ou ordinateur, et même de plus en plus d’écran de TV, munis d’une prise USB, permettent de lire les fichiers divx. Mais personne n’en vend !!

Le mp3 a commencé par être un format pirate, et aujourd’hui la seule voie, et la bonne voie, pour l’industrie du disque, pour produire de nouveaux revenus, est de trouver des façons de vendre les fichiers mp3. Les gens les achètent ! C’est exactement pareil pour les films.

Bref, les utilisateurs ne sont pas de méchants pirates, ce sont simplement des gens de leur temps, et il se trouve qu’aujourd’hui les films se "consomment" en grande partie par téléchargement. Il faut en prendre acte et faire des propositions aux spectateurs. Ne pas se plaindre du piratage si on est incapable de faire une offre cohérente avec le réel d’aujourd’hui. La réalité, c’est que les industriels ne laissent pas le choix aux consommateurs : on force les gens à télécharger illégalement, car il n’y a aucune offre légale !

On est actuellement, en 2009, dans une situation où, depuis plusieurs années, l’usage a précédé la proposition commerciale. Il serait temps, pour les industriels du secteur du cinéma et de l’audiovisuel, car il y a de grandes perspectives économiques. Les gens expriment leur désir, et ce de façon très forte ! (autant de films téléchargés en France que de spectateurs dans les salles de cinéma, lire à ce sujet : Téléchargements de films pirates = entrées salle en France)

Le 27 août 2009 par Benoît Labourdette.
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Le lieu du cinéma


Où est le cinéma aujourd’hui ?

Qu’est-ce que le cinéma aujourd’hui ?

Peut-on réduire le cinéma à un objet qui est diffusé dans une salle collective ? J’ai découvert une grande partie du cinéma dans les années 80 le vendredi soir sur la troisième chaîne, c’est à dire sur le petit écran de la télévision. Et pourtant c’était bien du cinéma.

Donc, comment peut-on définir le cinéma, à l’heure de la multiplication des écrans ?

Les films qui passent dans les salles sont-ils tous du cinéma ? Pour une grande part, ce sont des produits commerciaux de consommation. Mais le cinéma a toujours été à la fois un art et une industrie.

Je pense qu’aujourd’hui le lieu du cinéma se multiplie. Un cinéma de recherche, par exemple, n’est plus visible dans les salles obscures, car il n’y a plus, du fait de la logique actuelle du circuit commercial, de possibilité de temporalité de "bouche à oreille" pour un film. Mais par contre, un site comme celui de Point Ligne Plan, qui propose des films d’artistes, extrêmement rarement visibles, dans des musées de temps en temps, un site comme celui-là est, à mon sens, un vrai nouveau lieu de cinéma. Les films sont téléchargeables, en qualité DVD, on peut les graver, et les regarder sur son écran chez soi. Ce qui n’exclue aucunement la diffusion en salle, et au contraire, ces films sont peut-être mieux amenés à la connaissance du public.

Bref, au delà de la difficulté économique de la production des films "différents", qui sont si importants, pour le renouvellement même du secteur commercial, je pense qu’il y a des opportunités pour un "nouveau" cinéma, dans des nouveaux lieux de passage. Il y a, aujourd’hui en 2008, bien des dispositifs nouveaux à inventer, les opportunités de demain pour la circulation des oeuvres à construire. La projection numérique dans les salles, en cours de déploiement, offrira aussi, par la plus grande facilité de circulation et de diffusion des objets audiovisuels, de vraies opportunités événementielles pour la diffusion du cinéma. Mais attention à veiller à ce que les exploitants ne perdent pas leur liberté de choix.

Le 11 novembre 2008 par Benoît Labourdette.
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La tendance "fanedit"


Connaissez-vous le "fanedit" ? C’est une tendance émergente, de plus en plus visible sur internet, notamment via le site http://fanedit.org.

"Edit" signifie "montage", en anglais. Ce sont des fans de films, qui en refont le montage. Cela est une pratique totalement pirate, mais qui se développe. Dans ce monde de la convergence numérique, les pratiques, les usages massifs des gens s’imposent peu à peu, qu’on le veuille ou non. Ce sont ensuite aux professionnels des professions de s’adapter, d’inventer avec ces pratiques.

Par exemple, il peut s’agir de rassembler les épisodes 2 et 3 de Matrix, en enlevant les scènes jugées pas indispensables. Ce peut être de mixer Planet Terror de Robert Rodriguez et Death proof de Quentin Tarantino, dans l’esprit de la série Grindhouse de ces deux auteurs. Ce peut être l’épisode IV de Star Wars en ayant enlevé les invraisemblances, en ayant restauré des séquences, amélioré des qualités d’explosions, corrigé des faux raccords, etc, etc.

Certains travaux sont faits avec une très grande attention, et sont d’une qualité technique étonnante !

Le 17 mai 2008 par Benoît Labourdette.
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La disparition programmée de la diffusion télévisuelle analogique


Aujourd’hui, la télévision est captée par la majorité des français en analogique : le téléviseur qu’on a dans son salon a un "tuner analogique", il est capable d’afficher les programmes diffusés par les grosses antennes TDF qui se trouvent en haut des collines. Le plus visible étant celui situé en haut de la Tour Eiffel. Demain, c’est à dire à l’horizon 2011, l’émission analogique sera arrêtée. C’est à dire concrètement que notre téléviseur d’aujourd’hui ne captera plus rien !

A partir de 2011, les programmes de télévision seront diffusés, de façon hertzienne, uniquement en numérique, c’est la TNT. Si vous avez acheté votre téléviseur avant 2005, il faudra lui ajouter un décodeur TNT pour pouvoir capter quelque chose.

Aujourd’hui, 22% des foyers français sont équipés de récepteurs TNT. Dans 4 ans, on peut imaginer que plus de monde sera équipé. La télévision peut aussi être reçue par ADSL, de plus en plus de foyers sont équipés, mais ce n’est pas gratuit. Remarquons que la télévision reçue par voie hertzienne n’est pas gratuite non plus, du fait du paiement obligatoire de la redevance télévisuelle.

La TNT, c’est très bien techniquement, cela permet de diffuser plus de canaux, pas forcément en meilleure qualité. Mais, techniquement parlant, la TNT génère beaucoup plus de "zones d’ombres" que le signal hertzien analogique, pour des raisons de "rebonds", beaucoup plus difficiles à gérer en numérique qu’en analogique.

Il y a donc, on le sait, beaucoup de zones, notamment au flanc des petites collines, qui auront bien du mal à être couvertes par la TNT. TDF ne peut pas couvrir ces zones avec ses grosses antennes. Il faut des petites antennes relai localement. Mais qui va payer ces petites antennes ?

Pour faire un parallèle historique : au milieu des années 40, le standard de la télévision était fixé à 441 lignes. Un émetteur accroché en haut de la Tour Eiffel, "arrosait" les quelques centaines, puis quelques milliers de parisiens à s’être équipés d’un récepteur 441 lignes. Mais en 1948, l’Etat fixe le standard de diffusion à 819 lignes. Avec arrêt du 441 lignes programmé en 1958. C’est totalement incompatible avec l’ancien standard 441 lignes. Et, à l’époque, on ne pouvait pas adapter son téléviseur au moyen d’un "décodeur 819 lignes", il fallait tout simplement jeter le vieux téléviseur. Comment expliquer aux riches parisiens qui avaient fait l’acquisition d’un téléviseur à prix d’or qu’à partir de 1958 il faudrait le mettre à la poubelle ? Un miraculeux incendie, en 1956, détruit l’émetteur de la Tour Eiffel. Les parisiens comprennent pourquoi leur télé ne marche plus. Et l’émetteur suivant, modernisé, les oblige à s’acheter une nouvelle télé. A l’époque, personne ne s’est plaint.

Lors du passage de la télévision noir et blanc à la télévision couleur, par contre, les ingénieurs se sont efforcés de faire en sorte qu’il y ait une "compatibilité ascendante", c’est à dire que les vieux téléviseurs noir et blanc puissent capter le signal couleur. C’est pourquoi, d’ailleurs, une image vidéo est en réalité composée de deux images, une image noir et blanc, et une image couleur superposée, pour permettre la compatibilité avec les récepteurs noir et blanc.

Le 13 avril 2007 par Benoît Labourdette.
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Le rapport Goudineau sur la projection numérique


Le CNC (Centre National du Cinéma, instance de régulation économique et de soutien du cinéma en France) a mandaté Daniel Goudineau pour élaborer une réflexion et des propositions sur la projection numérique. Le rapport a été rendu le 6 septembre 2006. Il a pour titre : "Adieu à la pellicule ? Les enjeux de la projection numérique".

La projection numérique ?

Aujourd’hui, très majoritairement, les salles de cinéma diffusent les films en 35mm. Chaque film arrive au cinéma sous la forme de plusieurs boites, très lourdes, contenant chacune une bobine du film. Les bobines sont assemblées en une grande bobine, qui permet la projection. A la fin de l’exploitation, le film est "démonté", remis dans ses petites boites.

Chaque "copie 35mm" d’un film coûte cher à fabriquer, à transporter, à stocker, occasionne des frais de manutention élevés, etc. Jusqu’à il y a peu encore, le 35mm était vraiment la référence. Les projections "vidéo" en salles de cinéma n’égalaient jamais la qualité du 35mm.

Aujourd’hui, la technologie de projection numérique est prête. C’est à dire qu’on peut projeter en salle de cinéma un film, en haute qualité, non plus à partir d’une copie 35mm, mais à partir d’un fichier numérique haute définition du film.

Qu’est-ce que la projection numérique change ?

L’équipement en projection numérique d’une salle de cinéma revient plus cher que l’équipement en projection 35mm. Par contre, par la suite, il n’y a plus de frais de transport de copies, il n’y a plus de difficultés, théoriques, à la disponibilité d’un film, la qualité est toujours la même, la fiabilité aussi, etc. Les salles de cinéma équipées seront aussi de facto prêtes pour accueillir facilement des manifestations événementielles, puisqu’elles seront à même de projeter "n’importe quoi" sur l’écran.

Le bénéfice de la projection numérique paraît évident. La lourdeur de l’investissement initial ne semble être qu’un détail, vu les perspectives et les économies futures.

Mais les économies sont surtout pour les distributeurs.

Qu’est-ce qu’un distributeur ?

Un distributeur de films achète les droits d’exploitation d’un film à un producteur, puis il tire des copies du film, en fait la promotion et organise la sortie dans les salles. On imagine bien que le distributeur serait le premier bénéficiaire de la projection numérique.

La réalité économique

La réalité économique de l’exploitation commerciale du cinéma est très complexe et entièrement réglementée par le Centre National du Cinéma. D’où l’intérêt de ce rapport qui, à partir des nouvelles potentialités de la projection numérique, propose des pistes d’organisation, de gestion technique, logistique et financière de la nouvelle chaîne de diffusion du cinéma.

D’un constat technologique qui paraît simple et presque évident, c’est en réalité toutes les méthodes de travail et une partie des modèles économiques d’un secteur qui doivent changer.

Les principales propositions du rapport Goudineau

- Calendrier jusqu’en 2015.

- Les distributeurs s’engagent à fournir des copies numériques des films à partir de 2010.

- Mettre en place des aides à l’investissement pour les salles de cinéma.

- Fixer la norme de projection numérique en salle à 2K minimum (ce qui signifie 2000 pixels de largeur pour l’image, soit la même qualité que les futurs DVD haute définition blu-ray et HD-DVD... un petit paradoxe dont nous reparlerons).

- Etablir un système de protection des films numériques pour les salles : les salles ne pourront pas projeter le film quand elles voudront, elles devront acheter des "clés" destinées à "débloquer" la projection, semaine par semaine.

- Créer un organisme spécialisé, dépendant du CNC, pour gérer les autorisations de diffusion des films et les aides.

Pour tout savoir

- Télécharger le rapport Goudineau dans son intégralité : Télécharger.

- Visiter le site du Centre National du Cinéma : CNC.

Commentaires

- Avec un système de clés de protection des films, nous allons voir apparaître le piratage chez les exploitants (les salles) de cinéma.

Le 9 septembre 2006 par Benoît Labourdette.
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