Technique vidéo et cinéma
Explications claires et complètes de certains « mystères » de la technique du cinéma et de la vidéo.
La vidéo entrelacée : comprendre et exploiter
La vidéo entrelacée, pourquoi et comment ?
La vidéo entrelacée, c’est 80% des images que nous voyons. Pourquoi y a-t-il un enjeu particulier à savoir ce que c’est, à savoir gérer cette particularité technique des images vidéo ?
Si on est face à des problèmes techniques comme :
Visionnage sur écran d’ordinateur avec des effets « peignes » très désagréables.
Arrêts sur image qui tremblent.
Ralentis très moches.
Impossibilité d’encoder en divx par exemple avec une bonne qualité, perte de définition d’image.
Photographies extraites de films avec des effets « peignes ».
Si on doit faire un kinescopage (report de vidéo sur film).
Tous ces problèmes proviennent d’une mauvaise gestion de l’entrelacement et/ou du désentrelacement. Repartons des bases pour bien comprendre, et aborder les outils pour améliorer toutes ces situations.
Qu’est-ce qu’une image numérique ?
C’est très basique, j’en conviens. Mais pour celui ou celle pour qui cette notion ne serait pas évidente, posons les bases. Nous allons dévoiler le principe de l’entrelacement dans le cadre des images numériques uniquement.
Une image numérique est composée de pixels, comme une grande grille dont chaque point prend une couleur. Pour la vidéo numérique standard (DV, Digital Bétacam…), par exemple, les images font toujours 720x576 pixels (soit 414 720 pixels), chacun ayant une couleur parmi 16 millions.
Jusque là, tout est simple.
Le principe de la photographie

La photographie numérique va exposer une surface sensible à la lumière, selon le très ancien principe de la camera obscura. C’est ce qu’on appelle le capteur, une grille, là aussi, du même nombre de pixels que l’image à créer. Grâce au système optique, à la mise au point et à tous les réglages de l’appareil photo, une image va se former sur cette matrice de pixels pendant un bref instant. Chaque « point » de la grille, la matrice, est, pour simplifier, une sorte de cellule photo-électrique, qui produit un courant électrique d’intensité différente en fonction de la quantité de lumière reçue. L’image, exposée sur le capteur pendant un bref instant, se trouve donc convertie, pour chaque pixel, en une valeur électrique correspondant à l’éclairement reçu. Pour la couleur, il y a en fait 3 capteurs par point : un pour le rouge, un pour le vert et un pour le bleu. La combinaison des quantités respectives des trois couleurs primaires permet de capter, puis d’afficher, n’importe quelle couleur.
Le principe du cinéma
Le cinéma, c’est le croisement entre un appareil photo et la mécanique d’une machine à coudre, qui a permis de capter, sur un long ruban de pellicule, plein de photos les unes derrière les autres. En l’occurence, depuis 1920, c’est toujours 24 photos par seconde.
Ces photographies, projetées les unes derrière les autres à une telle vitesse, donnent au spectateur l’illusion du mouvement. Exactement comme un livre dont on tourne les pages très vite, avec un dessin un peu différent sur chaque page, qui nous donne l’illusion de son mouvement.
Le cinéma est confronté à une réalité technique très simple, qui a été la difficulté principale de sa mise au point au 19è Siècle : il faut que, 24 fois par seconde, la pelllicule soit fixe devant l’objectif photographique, mais il faut aussi que, 24 fois par seconde, la pellicule puisse avancer à l’image suivante. Si la pellicule avance pendant que la lumière impressionne la pellicule, l’image va être « filée », formée de traits verticaux. Ca ne va pas. Donc, la solution est que, pendant 1/48è de seconde, l’image est fixe devant l’objectif photographique et la lumière passe. Puis, pendant le 2è 48è de seconde, la lumière est coupée, et la pellicule défile à l’image suivante.
La projection cinéma est sur le même principe : 24 images par seconde. Pendant la moitié du temps, la lumière passe, pendant l’autre moitié du temps, la lumière est coupée, pour que la pellicule défile à l’image suivante. Donc, dans une salle de cinéma, sur l’écran, il n’y a des images que pendant la moitié du temps. Le clignotement n’est pas visible par l’oeil humain du fait de la persistance rétinienne.
L’objet qui permet qu’il n’y ait de la lumière que pendant la moitié du temps s’appelle l’obturateur. C’est un simple disque, dont la moitié est évidée, qui tourne derrière l’objectif. Ce disque est synchronisé avec la défilement et l’arrêt de la pellicule.
Le principe de la vidéo, définition de l’entrelacement
La vidéo, bien que le résultat soit visuellement similaire au cinéma, des images animées, est fondée sur un principe tout à fait différent. Au départ, l’enjeu, complètement différent de celui du cinéma, était de pouvoir transmettre à distance des images animées. Les reproduire, mais aussi les transmettre. Comment faire pour transmettre des images animées à distance ? La solution, assez simple, est qu’un rayon balaie l’image formée par l’objectif, ligne après ligne, et du bas vers le haut. En numérique, il y a donc 576 lignes à balayer. La problématique est qu’il y ait un synchronisme parfait entre l’émetteur et le récepteur, afin que les images ne soient pas décalées. Comment opérer ce synchronisme ? Aujourd’hui, l’électronique permet assez facilement ce type de synchronisation. Mais à l’époque de la conception de la vidéo, ce n’était pas le cas. L’idée a été de synchroniser le balayage des images vidéo sur une fréquence synchrone partagée par tous en France : le courant électrique alternatif. Le courant électrique qui arrive dans nos prises change de sens 50 fois par seconde. Mais 50 images par seconde, c’est trop. L’astuce a été d’enregistrer 50 images par seconde : pendant le premier 50è une image sur les lignes paires, et pendant le deuxième 50è une image des lignes impaires. Par ailleurs, cette astuce permet aussi d’éviter la sensation de scintillement sur l’écran cathodique.
En vidéo, il n’y a donc pas vraiment d’images, comme en cinéma. Il n’y a que des demi images. Pour le spectateur sur un écran de TV, le rendu du mouvement est plus fluide que celui d’une image cinéma. Cela est possible car la TV restitue, comme au moment de la prise, les images par demi images successives, lignes paires puis lignes impaires. C’est ce qu’on appelle l’entrelacement. Jusqu’ici tout va bien…
Défauts de l’entrelacement vidéo
Ce qui est un peu étrange, dans l’entrelacement, c’est qu’il y a un décalage temporel entre les lignes paires et impaires. En effet, si le sujet filmé bougeait assez vite, entre le premier cinquantième de seconde et le deuxième, il n’est pas à la même place. Voici le rendu d’un détail d’une image entrelacée :

On voit bien l’effet « peigne », dû au fait que la personne a légèrement bougé entre les deux cinquantièmes de seconde. Cela n’est pas visible sur un écran de télévision, mais est visible dès qu’on veut par exemple exporter une image fixe, dès qu’on fait un arrêt sur image, dès qu’on regarde simplement une vidéo entrelacée sur un écran d’ordinateur, dès qu’on veut reporter sur film, etc.
Par ailleurs, aujourd’hui, avec les écrans plasma, les écrans informatique, les tubes cathodiques tendent à disparaître, et l’entrelacement n’est plus qu’un héritage encombrant. Même sur les caméras HD de dernière génération, le signal vidéo est entrelacé, alors que cela ne répond plus à aucune nécessité technique ! Les habitudes, même les plus mauvaises, ne changent pas comme cela…
Le désentrelacement
Pour « arranger » cette situation, afin de pouvoir voir normalement son film sur écran d’ordinateur, ou d’imprimer une image sans l’effet peigne, etc., il y a une solution : on peut « désentrelacer » les images.
La première solution pour désentrelacer est très simple (c’est, par exemple, dans Photoshop, le filtre vidéo/désentrelacement) : on supprime toutes les lignes paires (ou impaires, au choix) de l’image, donc on n’a plus qu’une demi image (on a perdu la moitié de la définition de l’image…), puis on remplace toutes les lignes noires par une « interpolation », c’est à dire une sorte de mixage de la ligne d’au-dessus et de la ligne d’en dessous. Voici le résultat :

Le désentrelacement a donc un effet positif et un effet négatif :
L’effet positif : les images sont exploitables partout, débarassées de leur effet « peigne » très désagréable.
L’effet négatif : les images sont deux fois moins nettes. La perte de définition est vraiment visible, le film devient globalement un peu flou.
Il existe des outils logiciels, des algorythmes de désentrelacement beaucoup plus sophistiqués, qui permettent de ne presque pas réduire la définition de l’image. Ils sont très complexes à manier et doivent être adaptés à chaque film.
Quidam production propose des prestations techniques de désentrelacement vidéo de haute qualité, notamment pour la bonne qualité de sortie sur écran d’ordinateur.
Comment tourner ?
Grande question… Je dirais qu’il vaut mieux tourner en mode progressif, si on a une caméra qui le propose. Mais le problème est que les modes progressifs des caméras vidéo ne sont pas toujours très bons.
Comment post-produire ?
Grande question aussi, qui n’a pas de réponse toute faite, car toute la chaîne de la post-production vidéo est encore complètement empreinte d’entrelacement. Donc, à priori, restons en mode entrelacé pour la post-production, sinon des saccades mal gérées par les logiciels risquent d’apparaître.
Mais le débat sur le tournage et la post-production en mode progressif ou en mode entrelacé est très vaste, et en réalité vraiment spécifique à chaque projet.
Quidam production propose une expertise sur le sujet, ce sont des questions qu’il vaut mieux anticiper.
Un petit exemple : sur toutes les copies du long métrage « Interstella 5555 » (2003), basé sur un album de Daft Punk et réalisé par Kazuhisa Takenôchi (auteur de la série Albator) le signal vidéo d’origine ayant été très mal désentrelacé, c’était une heure et demi de mouvements bizarres et saccadés, très dommageables à la réception du film. Le prix du kinescopage (report de vidéo sur film) étant tel et le problème n’ayant pas été anticipé, le film avait dû être exploité en l’état.
Liens
Ancor, le spécialiste du kinescopage (transfert de vidéo sur pellicule), spécialiste aussi du désentrelacement vidéo (merci à Jean-Paul Musso pour sa collaboration à cet article).
Article du site Lab DV sur l’entrelacement vidéo, avec conseils de logiciels de désentrelacement. Un peu ancien (2001), mais utile pour ses détails techniques.
La technique de numérisation des images
Le CNRS propose un cours en ligne, dans lequel sont expliqués tous les secrets de la numérisation d’images.
Ce cours est proposé par le service photographique de l’Institut de Recherche et d’Histoire des Textes (I.R.H.T.), rédigé par Gilles Kagan et Thierry Buquet. Il est orienté sur la chaîne numérique de l’impression, mais très éclairant pour les usages vidéo et cinéma.
Pour information, voici le sommaire du cours : (Accès direct au sommaire)
Introduction
Présentation du cours et de ses objectifs.
A : Acquisition numérique.
Définition : notions de base du numérique (le pixel, l’échantillonnage, les capteurs).
Résolution : résolution d’image, en entrée, à l’écran et en sortie.
Formats : description des principaux formats de fichiers.
Visualisation : visualisation à l’écran et sur papier, synthèse additive te soustractive de la lumière.
Calibrer : réglages du moniteur, étalonnage avec Photoshop et Colortune.
Numériser : conseils de base avant de numériser.
Supports : typologie des documents photographiques à numériser.
Analyse : apprécier la qualité des documents (exposition et couleurs).
Scanner : présentation de trois scanners (Kodak, Epson et Agfa).
Histogramme : contrôle de la qualité et de l’exposition des images scannées par l’histogramme dans Photoshop.
Densités : correction des images par le point blanc et le point noir.
Couleurs : contrôle et réglage des couleurs dans Photoshop.
Archiver : formats d’archivage des « bruts de scan », conseil d’utilisation des cédéroms.
B : Publication et impression.
Intro : présentation de la partie publication et éléments de vocabulaire.
Retouche 1 : paramétrage des outils dans Photoshop.
Retouche 2 : recadrage, nettoyage au tampon et accentuation.
Détourage : apprendre à détourer des objets dans Photoshop.
Illustrator : importer et éditer dans Illustrator des images détourées.
Matériel : choix du matériel pour l’édition (écrans, scanners, imprimantes, logiciels).
Formats : formats de fichiers utilisés dans la pré-presse.
CMJN : conversion des images RVB en CMJN, conseils de base.
X-PRESS : importation et mise en page d’images dans X-Press et InDesign.
Impression : résolution, taille de l’image, profils ICC.
C : Edition électronique et optimisation d’images pour le web.
Intro : généralités sur la consultation des images à l’écran, on-line et off-line.
Ecrans : tailles, résolution et gamma d’écran, différences Mac - PC.
Formats : formats de fichiers image utilisés sur Internet, GIF, JPEG et PNG
Navigateurs : affichage des couleurs par les navigateurs web, couleurs hexadécimales.
Cdrom : précisions sur les images utilisées dans un projet cédérom.
Optimiser : optimisation d’images pour Internet, palettes de couleurs, compression, images transparentes.
Haute def. : quelques pistes pour diffuser des images de grande taille sur les réseaux, astuces et formats de fichiers.
Logiciels : principaux outils d’optimisation d’images.
Exemple : exercice et exemples de publication d’images pour le web avec Photoshop (export PDF, optimisation JPEG et GIF)
SGBD : numériser des images pour les intégrer à une base de données, grands principes. Exemple d’importation d’images dans Port Folio.
IPTC : données textuelles contenues dans les fichiers images, importation des champs IPTC dans une base de données.
Liens
Sélection de quelques sites et revues pour en savoir plus.
Contacts
Présentation des auteurs et coordonnées mail.
La couleur
Qu’est-ce que la couleur ? Quels sont les phénomènes qui font que l’on voit en couleur ? Comment enregistrer et restituer les couleurs ? Quelle est l’histoire de la couleur ?
Toutes ces questions trouvent des réponses pertinentes et assez clairement expliquées sur le site www.pourpre.com.
Glossaire technique cinéma et vidéo
AAF
Advanced Authoring Format. Format d’échange le plus élaboré entre logiciels de montage vidéo différents. C’est une notation standardisée de toutes les manipulations d’images faites dans les logiciels de montage vidéo, qui va permettre d’échanger des projets entre des logiciels incompatibles entre eux (par exemple entre Sony Vegas et Avid).
BNC
Prise coaxiale utilisée en vidéo, avec verouillage.
Couleur (en numérique)
La couleur, en numérique, est affectée à chaque pixel individuellement. Toute couleur visible peut-être décomposée en une pondération de Rouge, de Vert et de Bleu. Chacune de ces trois couleurs primaires prend une valeur en 0 et 255, ce qui fait 16 millions de couleurs possibles. Il existe des « profondeurs de couleurs » plus grandes, pour encore plus de nuances. Chacune des trois valeurs a besoin de 8 bits pour être codée. Chaque pixel occupe donc 24 bits d’espace mémoire. Exemple : pour une image DV, 720x576 pixels x 24 bits = 10 millions de bits à enregistrer.
Cinch
Ou RCA. Prise coaxiale utilisée en audio et vidéo.
DVD
Digital Versatile Disc. Disque de 12cm, de la même taille qu’un CD audio, contenant 1 ou 2 face, avec une ou deux couches d’enregistrement de 4,5Go chacune, soit une capacité de 9Go par face.
DVD VIDEO
Norme d’enregistrement sur DVD, finalisée par un consortium international en 1997, destinée à la diffusion de vidéos, avec système de navigation interactif. Les DVD VIDEO sont lisibles indifféremment sur lecteurs de salon et ordinateurs PC et Mac.
DVD ROM
DVD sur lequel sont enregistrées des données. Le DVD VIDEO est un DVD ROM répondant à des critères très précis. Le terme DVD ROM désigne l’enregistrement de données informatiques sur un DVD. C’est la même chose qu’un CD ROM, avec une plus grande capacité (800Mo pour un CD ROM, 4.5 ou 9 Go sur un DVD ROM).
Pixel
Point élémentaire d’une image numérique. Le nombre de pixels détermine la finesse de l’image. Pour l’exemple, le format DV est une grille de 720x576 pixels. Le format HD standard est une matrice de 1920x1080 pixels. La qualité VHS correspond, en gros à 352x288 pixels.
RCA
Ou Cinch. Prise coaxiale utilisée en audio et vidéo.
Glossaire à compléter. Postez vos demandes en répondant à l’article.
Le gonflage 35mm
Le 35mm
Qu’est-ce que le 35mm ? Cela paraît sans doute évident pour la plupart, mais parfois il reste des zones de flou. Donc, éclaircissons tout : 35 millimètres est la largeur de la pellicule cinématographique standard, stockée en bobines de pellicule de plus de 1000 mètres sur lesquelles se trouvent la majorité des films que nous voyons au cinéma. Ce format de pellicule a été fixé en 1895 (oui, 1895 !) par les frères Lumière, et n’a jamais bougé depuis. Il y a eu, bien sûr, des évolutions technologiques, mais, globalement malgré tout, le principe est toujours resté exactement le même.
La pellicule utilisée au cinéma est la même pellicule que celle des négatifs que nous mettions dans nos « vieux » appareils photos. Comme vous l’avez constaté, cette pellicule est perforée de chaque côté, afin de pouvoir être entraînée par des machines de façon très précise. Sur une pellicule 35mm cinéma, les images sont les unes au dessus des autres, la pellicule défilant de haut en bas, alors que dans un appareil photo, elles sont les unes à côté des autres, la pellicule défilant horizontalement. Une image cinéma est donc plus nettement plus petite qu’une image photo. La hauteur de chaque image est de 4 perforations. Le son est enregistré sur une piste continue qui se trouve sur le côté.
Vous trouverez tous les détails sur les formats d’images et de son du cinéma dans un prochain article.
Le gonflage
Que signifie le fait de « gonfler » quelque chose en 35mm ? Dans gonfler, il y a la notion d’agrandissement. Il s’agit de reporter sur une pellicule 35mm des images qui ont été tournées dans un format d’image plus petit, donc moins cher.
Pourquoi on gonfle ?
On gonfle pour permettre à des films réalisés avec des technologies moins onéreuses que le 35mm d’exister au final sur un support 35mm, afin de pouvoir suivre une exploitation commerciale normale. En effet, les salles de cinéma sont majoritairement equipées de matériel de projection 35mm uniquement. Il y a encore 20 ou 30 ans, elles étaient équipées aussi de projecteurs 16mm, aujourd’hui, elle sont de plus en plus souvent équipées aussi de vidéoprojecteurs. Mais, si vous voulez exploiter commercialement un film dans le réseau habituel des salles de cinéma, vous n’avez pas le choix, votre film doit obligatoirement exister sur le support 35mm, même s’il a été réalisé avec une autre technique.
Le gonflage, limité au cinéma
Gonflage signifiant agrandissement d’une image existante, ce terme n’est, de façon académique, employé que pour désigner l’agrandissement d’images tournées sur supports film (Super 16, 16mm, Super 8…) vers le format 35mm. Par extension, on utilise aussi parfois ce terme pour désigner le report sur support film 35mm de films existant au départ sur support vidéo. Le terme académique désignant le report sur 35mm d’un film tourné en vidéo est kinescopage. La technique de report de vidéo (normale ou haute définition - HD) sur 35mm est complètement différente de la technique de gonflage cinéma.
Vous trouverez tous les détails sur la technique de kinescopage dans un prochain article. Les formats d’image sont un enjeu fort du gonflage, car les proportions hauteur-largeur ne sont pas les mêmes en fonction des formats, il peut y avoir des arbitrages difficiles à faire : est-ce qu’on coupe le haut et le bas de l’image ? Est-ce qu’on coupe les côtés de l’image ?
Gonflage du son ?
Autant par rapport à l’image, on comprend bien que le passage d’un support vers l’autre demande une opération technique précise, autant par rapport au son, on serait en droit d’imaginer que c’est plus simple. Il n’en est rien, le « gonflage » du son est plutôt plus complexe que le gonflage de l’image, pour un court-métrage, est plus coûteux que le gonflage de l’image.
Le Dolby SR
Pourquoi le « gonflage » du son est-il très coûteux ? Le son diffusé en salle de cinéma est, traditionnellement depuis la fin des années 70, au format Dolby stéréo, qui a évolué aujourd’hui en Dolby SR. C’est un format tout à fait particulier, soumis à licences payantes pour chaque film, très complexe à mettre en oeuvre, qui n’a rien à voir avec les formats de son connus.
Concrètement, si vous passez outre la conversion de la bande son de votre film au format Dolby SR, soit vous choisissez de faire un film en mono, ça marchera, mais ce sera très déceptif pour les spectateurs, soit vous décidez de reporter sur la piste son du film votre mixage audio stéréo standard, et là, la bande son de votre film va se comporter de façon absolument erratique : certains dialogues seront inaudibles, certains autres viendront de l’arrière de la salle, les musiques seront complètement modifiées, de façon évolutive en fonction des moments du film, avec une sorte d’écho très étrange… bref la bande son de votre film ne sera pas un peu bizarre, elle sera quasiment totalement inaudible.
On est donc obligés de convertir notre bande son initiale au format Dolby SR, pour que le film puisse passer en salle. On pourrait se dire : ok, je mets ma bande son dans le convertisseur et tout va bien. Il n’en est rien.
Caractéristiques du Dolby Stéréo (SR)
Le Dolby SR est un simple signal stéréophonique, dans lequel sont multiplexés, avec un travail complexe sur les phases, un canal central, deux canaux stéréo, et un canal arrière (ou plutôt côtés). Donc, 4 canaux audio sont mélangées selon un algorythme spécifique à Dolby dans deux pistes stéréo, pour pouvoir, à la diffusion, être éclatés à nouveau en 4 canaux. Et il faut par ailleurs que si on l’écoute sans le décoder, le son soit à peu près normal.
On pourrait légitimement demander : mais dans une salle de cinéma, ne pourrait-on pas désactiver le décodeur Dolby SR ? La réponse est non, pour la simple raison que TOUTES les salles sont équipées d’une enceinte centrale derrière l’écran, deux enceintes à gauche et à droite de l’écran, et d’enceintes arrières sur les côtés de la salle. Il faut donc bien donner du son à tout ce système standard d’enceintes.
Donc, à partir, souvent d’un mixage stéréo preexistant, un ingénieur du son devra faire des choix subjectifs par rapport à ce qu’on « fait » de ce son dans l’espace de la salle. On pourrait se dire : on simplifie, on ne met du son qu’à gauche et à droite. Non, car votre film fera « vide » par rapport à tous les autres films. Bref, votre film doit être entièrement remixé, dans un auditorium qui a payé la licence Dolby, c’est à dire pas chez vous, et qui est équipé du codeur-décodeur Dolby. C’est à dire que vous entendez le son tel qu’il sera décodé, donc réellement entendu par les spectateurs. Ce qui est difficile dans cette technologie, c’est que l’ingénieur du son a beaucoup de limites quant à ses marges de manoeuvre, il ne peut pas mélanger, envoyer le son vers l’enceinte qu’il désire de façon totalement libre, car il n’est pas si simple de faire entrer 4 canaux audio dans 2, le faisceau de contraintes est strict.
L’audio numérique simplifie tout
Evidemment, il existe aujourd’hui, entre autres, le Dolby SRD, numérique, qui simplifie tout, qui est de meilleure qualité. Mais toutes les salles, loin de là, ne sont pas équipées. Donc, même si on choisit de faire un mixage en Dolbly SRD, on est quand même obligé de faire un mixage Dolby SR afin d’être compatible avec les salles non équipées en SRD.
Choisir un camescope DV ou un camescope HD (Haute Définition) ?
Un camescope HD « premier prix » ou un camescope DV ?
Début 2006, le prix d’un camescope HD d’entrée de gamme est équivalent au prix d’un camescope DV haut de gamme, soit un peu moins de 2000€. Alors que choisir ?

Panasonic NV-GS 400
Le meilleur du camescope DV. Niveau qualité d’image, en DV, il n’y a pas mieux (à part le modèle pro Panasonic DVX100, qui coûte beaucoup plus cher, mais en fait, c’est la même qualité d’image). Largement supérieur à Sony. Les long-métrages tournés en DV ont été tournés avec ce type de caméra. C’est ce que j’utilise aujourd’hui, pour du gonflage 35mm notamment, en publicité.

Sony DCR PC 1000
Super sympa, car c’est tout petit, on peut s’en servir aussi comme appareil photo. Bon objectif aussi. Un petit bijou. L’image a un cachet plus « vidéo », c’est du sony, c’est de la télé (alors que Panasonic, dans « l’ambiance » de l’image, c’est du cinéma). Peut-être que pour une utilisation familiale, c’est plus fonctionnel que la Panasonic. Mais on ne fera pas de long-métrage avec.

Sony HDR HC 1
Autre catégorie, c’est du HD. Sur une TV, l’image sera moins bonne que la Panasonic, mais, avec des petits filtres et réglages en post-prod, on peut obtenir quelque chose de très très bien. Elle n’a pas la qualité de la caméra Z1 de chez Sony, mais elle est beaucoup moins cher. Elle sera aussi très en dessous de la Panasonic HVX 200 HD qui sort début 2006, mais qui coûte 10 000€ ! Les images de nuit ne sont vraiment pas terrible. Par contre, avec une bonne lumière, c’est impressionnant ! Mais, c’est un vrai investissement d’avenir. La haute défnition, aujourd’hui, ce n’est pas encore courant, mais dès très bientôt, avoir une caméra HD sera indispensable. Et les images tournées avec cette caméra, avec une bonne lumière et de bons réglages, une fois kinescopé en 35mm ou même projeté en numérique, on pourrait croire du 35mm.
Lire l’article « Les secrets de la Haute Définition ».
Lire l’article « SATIS 2005 - Conférences sur la haute définition (HD) ».
Voir une publicité 35mm post-produite par Quidam production en Haute Définition.
Informations techniques de comparaison
Définition d’image DV : 720x576 pixels.
Définition d’image HD : 1920x1080 pixels.
Pourquoi les images HD de la Sony HDR HC 1 seront moins bonnes sur une TV que les images de la Panasonic NV-GS 400 ?
Sur une TV standard, qu’on ait tourné en HD ou en DV, on ne verra aucune différence en termes de définition d’image : la définition de la TV est déjà inférieure à la résolution du DV. La différence se verra si les images sont projetées sur grand écran, à la résolution HD. Par contre, ce qui fait avant tout la qualité d’une image, c’est la qualité de l’objectif, puis des capteurs CCD et du traitement du signal dans la caméra : sur ces trois points, les caméras Panasonic sont supérieures au caméras Sony. Voilà pourquoi, sur une TV, une image faite avec la Panasonic sera meilleure qu’une image faite avec une HD Sony. PAR CONTRE, puisque la définition d’image de la Sony HC1 est incomparable (HD=1920x1080 alors que le DV est 720x576 points), il sera possible d’en faire une exploitation en grand, en ajoutant des filtres en HD, pour améliorer le rendu de l’image, ce que le HD supporte beaucoup mieux que le DV. Donc, avec de la post-production, on peut avoir quelque chose de bien supérieur si le tournage a été fait avec la Sony HC1. En effet, la Sony HC1 est une moins bonne caméra que la Panasonic, mais elle est HD, donc on peut, avec des filtres, arriver d’une part à quelque chose qui sera presque au niveau de la Panasonic, mais ce qu’il y a en plus, c’est une image en haute définition. Et, pour produire pour l’avenir, on a intérêt à tourner en HD. Les foyers seront tous équipés d’écrans HD d’ici quelques années.
Pourquoi quand même choisir la Sony HDR HC 1 ?
C’est un peu comme si on avait le choix entre une caméra Super 8 avec un objectif magnifique, et une caméra 65mm pas terrible : c’est quand même mieux de tourner en 65mm qu’en Super 8, l’image est plus grande, il y a plus d’informations, etc.
(article rédigé à partir d’un échange avec Stéphane Goudet)
SATIS 2005 - Conférences sur la haute définition (HD)
Le SATIS
Le SATIS est le salon des techniques de l’image et du son. C’est un rendez-vous pour tous ceux qui travaillent avec la technique vidéo et cinéma : techniciens, producteurs, réalisateurs…
Ce salon a eu lieu au mois d’octobre 2005 à la Porte de Versailles à Paris, France.
Téléchargez le communiqué du SATIS sur la HD.
Journée Haute Définition et Cinéma Numérique
Le mercredi 19 octobre 2005, une journée sur la haute définition et le cinéma numérique était organisée dans l’auditorium du SATIS.
Voici le programme des conférences, ainsi que mes remarques et mes notes.
10h-12h : Comment gagner de l’argent avec la Haute Définition ?
Coproduction en HD, quel format, quel standard ?
Qui sont les acheteurs, quels sont les prix d’achat ?
Fiction et documentaire, pourquoi la HD ?
Des aides pour produire en HD
La re-mastérisation de catalogue
Les stocks-shot en HD
La HD, les HD !
Mes notes et remarques
La télévision n’achète pas plus cher les programmes tournés HD. Le surcoût est à la charge du producteur et/ou du prestataire.
La HD est un choix, pour les programmes de stock (documentaires, fictions, films qui ont une longue durée de vie, contrairement aux programmes de flux, les émissions, les reportages, qui ont une durée de vie courte). En effet, dans quelques années, lorsque l’équipement en écrans HD dans les foyers sera important, si ces films sont d’ores et déjà en HD, ils auront plus de facilité à exister, à être vendus.
La HD change surtout les habitudes de format d’image : c’est du 16/9è.
Il n’y a pas d’aides pour produire en HD. Les aides du CNC ne concernent que des projets innovants techniquement, et un simple tournage en HD n’est pas considéré comme quelque chose d’innovant. Il faut qu’il y ait des dispositifs techniques innovants.
14h30 - 16h30 : La post-production HD, pour tous ?
Le HDV dans la chaîne de production
Les solutions de montage
L’étalonnage HD
Les normes de compression
Quels formats d’échange ?
Titrage, compositing, le temps réel
Mes notes et remarques
Les prestataires s’accordent à dire qu’il est très compliqué de post-produire en HD. Tout dépend en fait de la méthode de travail que l’on emploie, des outils que l’on choisit. Et il est vrai qu’on peut avoir de gros problèmes techniques, de gros blocages, comme ça peut très bien se passer.
C’est surtout pour les flux HD non compressés que cela est compliqué, car le débit de données est énorme.
En théorie, pour appliquer des effets, il faut décompresser les images encodés en HDV en HD non compressé, de sorte à ce que les effets s’appliquent directement sur les images, sans qu’il y ait en permanence décompression-recompression donc une perte de qualité aux générations vidéo.
En pratique, Final Cut Pro HD marche très bien, dès lors qu’on travaille avec le Codec HDV. Si on veut la perfection technique, et qu’on décompresse les images HDV en HD non compressé, alors le mac, même biprocesseur, n’arrive plus à suivre, les images sont saccadées, le montage est difficile à faire. Alors que, concrètement, si on souhaite juste étalonner les images, faire les effets de base, rester en codec HDV n’enlève rien à la qualité. Remarque très pertinente et très utile donnée par
Ronan Fournier Christol .
Tournez en HD !
Tournez en HD. C’est vraiment ce qui ressort, malgré les résistances des uns et des autres, malgré les quelques écueils techniques, et le fait qu’il faille inventer ses systèmes de conservation des images.
C’est un choix de pérennité des oeuvres que l’on produit.
Le kinescopage 35mm
Dans l’objectif d’un kinescopage 35mm, le tournage HD est le meilleur choix qu’on puisse faire. La société ANCOR, dirigée par Jean-Paul Musso, fait du kinescopage, avec une très grande exigence et des résultats époustouflants de qualité, notamment pour des tournages faits avec la caméra Sony HDR-Z1E.
Les caméras HD
Dans un prochain article, mes remarques sur les caméras HD.
Les secrets de la Haute Définition
Enfin un standard
La vidéo haute définition (HD) a enfin son standard de taille d’image et de caractéristiques, selon la norme ITU 709.
La résolution de la haute définition est standardisée à 1920x1080 points. C’est un format 16/9è, soit un rapport hauteur/largeur de 1,77.

ITU
L’organisme qui a arrêté un standard pour la norme HD est l’ITU (International Telecommunication Union, ou IUT en français), qui fait partie des Nations Unies. Le site de l’ITU.
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