Les Rencontres cinéma-psychanalyse
Mise en place, à Paris, d’un festival au croisement de la psychanalyse et du cinéma. Evénement et espace de rencontre, de découverte, de transmission, de débat, de travail. Une rencontre au croisement de ces deux grands domaines de la pensée, de la création, de l’être humain. Une rencontre large et foisonnante, diverse et riche. Une grande exigence quant au contenu, à la qualité de la préparation, et des échanges. Travail avec comité de réflexion de psychanalystes et de professionnels du cinéma, afin d’élaborer, chaque année l’axe, la direction de travail, de réflexion et donc l’espace de rencontre.
Les Rencontres cinéma-psychanalyse
Le projet de rencontres cinéma-psychanalyse
L’équipe de Quidam production travaille à un projet de festival cinéma-psychanalyse.
Projet Rencontres cinéma-psychanalyse
Mise en place, à Paris, d’un festival au croisement de la psychanalyse et du cinéma. Evénement et espace de rencontre, de découverte, de transmission, de débat, de travail. Une rencontre au croisement de ces deux grands domaines de la pensée, de la création, de l’être humain. Une rencontre large et foisonnante, diverse et riche. Une grande exigence quant au contenu, à la qualité de la préparation, et des échanges. Travail avec comité de réflexion de psychanalystes et de professionnels du cinéma, afin d’élaborer, chaque année l’axe, la direction de travail, de réflexion et donc l’espace de rencontre.
Un lieu rayonnant, vivifiant, ouvert à tous les publics intéressés par le cinéma, la psychanalyse, la culture, l’humain, le politique, la société, l’histoire, l’art…
Tous les thèmes peuvent être abordés : les outils et les méthodes de réflexion et d’analyse, de lecture, d’appréhension, de symbolisation de la psychanalyse et du cinéma permettent de s’intéresser à tout sujet.
Une ligne directrice sera choisie chaque année, afin de concentrer mieux les réflexions et les échanges, afin d’enrichir la transmission…
Préparation du thème des premières Rencontres cinéma-psychanalyse
Cinéma et psychanalyse - jumeaux
Les grands jumeaux de l’inconscient
Filiations et transmissions
Nous fêtons cette année les cent cinquante ans du père de la psychanalyse, Freud. Des questions se posent quant à faire le point sur des héritages, des liens de filiation, des transmissions, des dettes symboliques, et puis peut-être, des tensions « familiales » à dépasser.
Cinéma et psychanalyse : d’étranges jumeaux de l’histoire.
« Tout se passe comme si le cinéma et la psychanalyse, se retournant d’un même mouvement retors contre la trajectoire scientifique qui les portait, manifestaient le désir de tordre le cou à une certaine rhétorique positiviste, pour ouvrir à l’homme imaginaire de l’ère moderne leurs deux perspectives parallèles… » (Extrait du livre de Roger Dadoun, Cinéma, psychanalyse et politique, Ed. Séguier)
Fille et fils du même domaine de la recherche scientifique, qui par désir de liberté se sont affranchis de l’autorité, de la ligne et de la loi de ce père (symbolique) et qui aujourd’hui sont rattrapés par la menace castratrice de cette même lignée des origines. Issus de la pensée scientifique, autonomisés, aujourd’hui rattrapés et menacés : la psychanalyse par la toute puissance législative et scientiste, le cinéma peut-être sur d’autres modes, notamment au travers de la télévision - un cinéma d’auteur et de recherche menacé, grignoté par la loi et le marché d’une télévision hypnotisante, séductrice et manipulatrice. Une télévision qui met l’être en place d’objet (consommateur, cible, ou marchandise exploitée, pillée…). La psychanalyse, lieu du possible du sujet, face à l’expansion de la folie de l’hygiénisme, du réparatisme, du conforme et de l’individu adapté - une pensée « scientifisante » de l’homme classifié et parfaitement formaté (avec « logiciels -lois antivirus » (on va dépister les enfants troublés dès 18 mois), services d’intervention et de dépannage informatique (les TCC et autres techniques urgentistes), programmes massifs de développement personnel… aux nuances étrangement teintées de manipulations et de relents sectaires…)
Quelque chose va mal dans la société. Ça va toujours forcément mal : l’équilibre entre la vie et et la pulsion de destruction est précaire et instable : un travail permanent à tenir de rééquilibrage, de désir à faire exister et à transmettre. Jouir de la vie et de sa propre existence au travers d’un travail visant la liberté. La mort annoncée de la psychanalyse ? La mort du cinéma d’auteur ? Non. La vie qui continue, avec son incessant travail nécessaire.
Des rencontres donc pour questionner dans l’échange, à travers complémentarités, ressemblances, répulsions, peurs, jalousies, identités, fraternités… la question du désir, du sujet en prise avec la possibilité de sa liberté, et celui de la transmission de ce désir, de ce possible, toujours possible, à condition de rester dans le mouvement de la vie, certes inconfortable, voire impossible (les « métiers impossibles » : éduquer, gouverner, analyser… témoigner… sont directement liés à la vie et à sa transmission). Ne pas céder donc à une « actuelle » (?) pulsion de mort collective, dévastatrice, psychotique, avec ses envolées paranoïaques et destructrices. Miser sur la vie, et sur la possibilité d’y travailler. Revisiter la question de la source, des origines, puiser dans la richesse d’un héritage, se fortifier à affronter fraternellement les points de tensions, les questions épineuses, les points de refoulement et de dénégation, bref continuer cet éternel travail d’analyse, de réouvertures, seule source possible de réinventions, de nouveaux possibles, de fenêtres ouvertes, pour aérer, continuer à prendre le temps et le plaisir de vivre.
Caroline Labourdette
Production de l’image, production du sujet
Le sujet est mis à mal dans son expression, dans la possibilité de son surgissement, dans la possibilité de rencontre de son désir. Du cercle du travail à celui de l’intime, l’individu est le plus souvent maintenu au rang de l’objet. Objet de calcul et de rentabilité, objet économique, objet d’étude, objet commercial. Une société qui se souci peu du temps, de l’histoire de chacun, de ses rêves, de son épanouissement, de ses capacités, de ses désirs, de ses déchirures, bref de ses vraies richesses… L’individu s’éteint, se courbe et bien souvent renonce. Dans son travail, qui perd tout sens, toute valeur, dans son quotidien où il cède à la consommation de produits stéréotypés, jusque peut-être dans ce qu’il a de plus intime, sa sexualité.
Dans cette extinction généralisée, surgit parfois la lame fulgurante d’une paire de ciseaux, de l’image, de la production d’image, une lecture de ce réel qui nous borne, une lecture autre ; qui vient couper et rendre possible l’avènement d’un autrement, autrement vu autrement dit, de l’image, du cadrage, de la lecture du réel, qui va pouvoir poser un autre point d’ancrage.
La production de l’image est donc ici entendue au sens de ce travail de l’individu, qui choisit de mettre en acte un moment d’investissement et de rencontre avec son réel, un réel, un moment où il joue quelque chose personnellement, en tant que sujet, dans la responsabilité de cet acte de se dire, de se dire lecteur d’un monde dans lequel il vit, et dont il se propose, à un moment donner, de devenir un des vecteurs.
Une production de l’image donc qui fait surgir du sujet, celui qui commet l’acte de filmer, de couper, de cadrer dans le réel, de faire surgir du sujet, dans la rencontre que l’image, ainsi produite va permettre avec le spectateur, alors questionné dans son propre désir, dans sa propre position de sujet, dans sa propre perception, production de l’image, de ces images. Et nous entrons alors dans le symbolique.
Quand on parle d’image, de cinéma, il faut d’abord laisser à sa place toute cette production massive ou parfois personnelle de représentation codées et stéréotypées : c’est l’effet télévision « machine à laver », celle qui nous tourne l’imagination en rond et nous la lave, celle qui fait de l’audience à force de se faire passer pour une valeur sûre, celle que certains copient, même dans des productions personnelles, parcequ’ils croient y avoir trouvé la clef d’une reconnaissance.
Mais la reconnaissance implique l’idée d’une filiation, une filiation implique l’idée d’un nom, un nom implique un positionnement, un positionnement vient poser la question du sujet. C’est peut-être donc de filiation dont il est question. Oui, dans chaque histoire, dans chaque témoignage, d’un vrai positionnement dans la production de l’image, on retrouve de vraies filiations. Chacun peut en parler. Ce sont ces filiations qui donnent du cœur à l’ouvrage, qui donnent le sens, la raison de faire. Elles sont vecteurs d’éthique, d’expériences, de sensibilités, de transmission…
Il n’y a pas un bon cinéma et un mauvais, il n’y a pas une bonne manière de photographier et une mauvaise, et on peut parler aussi de la production de l’image dans l’écriture, dans la chanson, dans la musique, dans la peinture… Il y seulement une limite qui se franchit, entre la fabrication d’un produit, plus ou moins bien fait, qui cible un objet, se donne des objectifs, plus ou moins atteints, et entre l’autre position, qui est celle d’une entrée en résonance, en dissonance, en jeu avec le symbolique. L’image vient percuter parfois ce qu’il y a de plus dérangeant dans le sujet, dans l’histoire, dans la représentation. Elle vient faire vibrer là où ça ne battait plus, elle vient rappeler à la vie, même, par exemple, quand c’est pour parler de mort. L’image a la force de nous faire ressurgir là où on ne s’y attendait pas, et quand cela arrive, on sait que l’on vient de voir du vrai cinéma, ou de la vraie photographie. L’image à produit quelque chose en nous qui nous a fait ressurgir en tant que sujet.
Ce point de franchissement d’une limite dans la production et donc dans la réception de l’image vient en écho avec les questions de la psychanalyse. La rencontre est riche d’échanges, de va et viens, de repérages.
Dans un dialogue ouvert et amical entre psychanalystes et créateurs, ce point de franchissement est mis en lumière au travers de différentes œuvres, de différents thèmes… Du travail d’un photographe dans des chambres mortuaires, d’un réalisateur sur les traces d’un camp d’extermination, des tâtonnements existentiels d’une cinéaste décriée, de parcours personnels…
Psychanalystes et artistes ou producteurs apportent, chacun à sa manière, leur lecture de ce mouvement d’intrusion de l’image, qui, à un moment donné, peut venir faire surgir du symbolique, donc du sujet.
Caroline Labourdette
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